dimanche 14 mai 2017

Alien Covenant

Bonjour.

Voici ma petite critique du film Alien Covenant vu en VOSTFR. Les spoilers sont comme toujours en vert.


Déçu par Prometheus, dont ce film est la suite quasi-directe, je n'en attendais pas grand chose... Je m'attendais tellement à ce que ce film soit aussi mauvais que Prometheus que finalement, je l'ai plutôt aimé, car il a été une plutôt bonne surprise. 

Tout d'abord, les acteurs principaux jouent bien, et donnent beaucoup de caractères à leurs personnages. Leurs réactions sont crédibles et humaines, et nous permettent de bien nous immerger dans l'histoire à travers leurs points de vus. Le seul regret est leurs prises de décisions parfois bancales (explorer une planète inconnu sans combinaison hermétique), mais il y en a beaucoup moins que dans Prometheus, et la plupart de leurs décisions sont crédibles et logiques. J'ai également beaucoup aimé les relations entre les personnages, qui sont nombreux à être en couple, ce qui nous fait donc ressentir leur émotion lorsqu'un des membres d'un couple meurt, ajoutant de l'impact émotionnel à leurs aventures. De plus, j'ai bien aimé les deux baisers homosexuels du film qui sont très naturels mais courageux, car c'est rare d'en voir d'aussi explicite dans le cinéma grand public. Enfin, la dualité entre les deux androïdes Walter et David, tous deux très bien interprétés par Fassbender, est géniale. 

Toujours sur l'histoire, j'ai beaucoup aimé tout le début relatif au vaisseau Covenant, qui est vraiment très réussi. De même, j'ai beaucoup aimé la mythologie approfondie de la saga Alien, qui répond ici à beaucoup de question laissées en suspens dans Prometheus, faisant le lien avec le premier Alien (même s'il reste encore des liens à faire pour ne pas être incohérent). Les scènes d'actions sont vraiment superbes et mémorables (l'attaque dans les hautes herbes, qui rappelle un peu l'attaque des Raptors de Jurassic Park 2, le climax sur le vaisseau transporteur, le 4e acte dans le vaisseau Covenant)... Enfin, le film se termine par une noirceur assez agréable (même si parfaitement prévisible) et est d'une puissance inouit, grâce à la musique de Wagner évoquée en début de film. Ce film explore quelques pistes de réflexion assez intéressantes, mais est trop confus pour qu'on en tire une vraie morale, une vraie leçon. Il est très divertissant, mais pas plus. Il ne porte pas de réflexion poussée et intéressante malheureusement, même s'il essai. 

Niveau visuel, tout est très beau, les décors sont somptueux et les vaisseaux sont très beaux (en particuliers les voiles solaires du Covenant). Cependant, les différents  Aliens sont bien trop numériques à mon goût. Si ce défaut passe avec les Aliens blanc (dont leurs nouvelles façons de naître sont très appréciables), pour les Aliens classiques, c'est très dommageable, car ils ne font pas crédibles. J'ai cependant bien aimé la vision interne de l'Alien

Enfin, le film est certes divertissant par sa mythologie, il n'a cependant pas le frisson que pouvait avoir les 4 classiques Alien. Aucun moment ne prend vraiment aux tripes d'un point de vu épouvante, et le film n'est qu'une aventure de SF à l'univers tordu et malsain mais non horrifique. 

Pour conclure, j'ai bien aimé ce film, même s'il persiste encore de nombreux défauts hérités de Prometheus (mais malgré tout bien moins problématiques que dans ce dernier). Il est divertissant. Cependant, il me laisse un goût d'épisodique, ce film n'étant pas vraiment une aventure en soit mais plutôt un prétexte à une saga, la saga Prometheus, laissant une sensation d'inachevé et de film sans identité propre forte assez désagréable. Il est loin d'être aussi bon qu'un des classiques Alien, mais il reste cependant bien meilleur que Prometheus, et nous donne de l'espoir pour la suite. 

dimanche 2 avril 2017

20e festival du court-métrage de Bordeaux

Bonjour.

Voici un rapide compte rendu des 8 courts-métrages que j'ai vu dans le cadre du 20e festival du court-métrage de Bordeaux. 



Je n'ai participé qu'à la deuxième soirée de projection, le vendredi 31 mars. De même, arrivant à la fin de mon semestre, et la fatigue s'accumulant, je ne suis resté qu'à la première partie de la projection. Je vais donc uniquement aborder les courts-métrages que j'ai vu. Avant cela, je tiens quand même à féliciter l'association Extérieur Nuit derrière l'organisation de cet événement. 

No offense (de Kris Borghs):

Ce court-métrage d'animation m'a beaucoup plu. L'animation est belle et efficace. L'humour du film est très bon, et j'ai adoré son propos. En effet, ce court-métrage traite de la censure dans le monde de la caricature, thème d'actualité. La chute est très réussit, et ce court-métrage est également très réussit. Je vous le conseille.

The fantastic love of beeboy and flower girl (de Clemens Roth):

Ce court-métrage à l'esthétique particulière est assez intéressant. Il développe une logique interne particulière pleine de poésie. Il est très coloré, et reste assez émotif malgré son humour. Son propose sur le couple est intéressant, et est finalement assez cynique par rapport à la poésie visuelle (qui est représentée par des décors et des effets spéciaux très colorés et particuliers). Enfin, j'ai beaucoup aimé les changements de ratios de cadre, qui complètent la narration. J'ai également bien aime le clin d’œil au genre du Super-héro, grâce entre autres à la phrase à la fin du générique. 

Braquage Sérénade (de Guillaume de Ginestel):

Ce court-métrage réaliste dans l'esthétique est assez drôle. En effet, le décalage complet entre l'aspect réaliste du film et le plan du personnage principale offre des situations hilarantes. Les acteurs sont bons, et donnent parfaitement vie à leurs personnages décalés. C'est un court métrage sympa, qui offre des moments très drôles, avec une fin assez émotionnelle.

Die kunst, meine familie und ich (de Johannes Bachmann):

Ce court-métrage très personnel est autobiographique. Il propose une réflexion sur la vie d'artiste de l'auteur et de la place de sa famille dans celle-ci, illustrée par des images d'archives personnelles. Le propos sur les artistes m'a beaucoup parlé, surtout que l'auteur opte un point de vu analytique mais finalement très naïf, avec beaucoup de candeur. J'ai adoré ce court-métrage, et il s'agit de mon coup de cœur de la soirée. 

Perched (de Liam Harris):

Ce court-métrage d'animation est assez drôle, et est finalement très émouvant. Je l'ai beaucoup aimé, malgré le style d'animation que je n'aime pas trop d'habitude (c'est surtout le mélange de styles que je n'aime pas, entre les personnages et le décor par exemple). Il est très beau (dans son histoire), et je vous le conseille également.

Rewind (de Ruben Perez Barrena):

Ce court-métrage un peu horrifique est assez sympa, mais je ne l'ai pas trouvé exceptionnel. L'esthétique est très réussie, et les moments de tensions et d'angoissent sont assez saisissants. Cependant, le message du film me parait assez flou, et je n'ai pas compris où l'auteur voulait en venir avec cette oeuvre. Enfin, je trouve que l'horreur est un genre finalement très risqué car surreprésenté. Ainsi, toutes les œuvres arborant ce registre risquent de paraître fade à côté de chef d’œuvres d'un genre très balisé. Ce film est bien, mais l'aspect thriller qu'il développe ne m'a pas particulièrement touché. Il souffre de ce défaut de surexploitation des codes du cinéma d'horreur. 

Noyade interdite (de Mélanie Laleu):

Ce court-métrage assez drôle tisse un univers dystopique très intéressant, et qui m'a beaucoup parlé. Les acteurs sont très bons, et l'univers cynique du film m'a beaucoup plu. L'humour fonctionne très bien. La première chute est bien, apportant de l'espoir, mais je n'ai pas été convaincu par les scènes d'après-générique, qui selon moi désamorcent l'aspect réaliste du film, pour tomber dans une fin un peu absurde.

Penalty (de Aldo Luliano):

Ce court-métrage très réaliste m'a beaucoup touché. Il est très puissant, et très dur. L'esthétique est très réussi, et les acteurs sont excellents. Les différentes esthétiques du sport montrées à l'image sont très réussies. Au début, j'ai été un peu dubitatif, ne voyant pas où voulait aller le film. De plus, j'ai été assez perturbé par le fait qu'on voit un match de football, avec les bruitages et les mouvements adéquats, sans jamais voir le ballon... Mais cela n'est pas un hasard, et la fin du film révèle toute son ampleur tragique et horrible. Ce film est une grande réussite, il est très engagé, et je vous le conseille.

Voilà donc mes rapides critiques de ces 8 courts-métrages. 

Encore bravo à l'association derrière ce festival. Je reviendrais l'année prochaine avec un grand plaisir!

mardi 14 mars 2017

Les figures de l'ombre

Bonjour.

Voici mon avis rapide sur le film Les figures de l'ombre, que j'ai vu en VF. 



J'ai adoré ce film! J'ai passé un excellent moment à le visionner, et je vais vous donner quelques éléments qui m'ont marqué.

Les acteurs sont excellents! Leur interprétation est sans faille, et vraiment superbe. Les personnages sont très attachants, et également tous réussis. Ils sont même pour la plupart très touchant. Le seul bémol à ce niveau là est le personnage joué par Jim Parsons, qui reste assez proche du personnage de Sheldon, avec cependant moins de saveur, et qui ne brille donc pas ici. C'est dommage, car j'aurais aimé voir cet acteur jouer quelque chose de vraiment nouveau. 

Sur la forme, la musique est excellente, et fonctionne très bien. De même, le montage est toujours cohérent, et sert parfaitement le film. Certains effets sont vraiment bons, et donnent un sens à ce qu'ils montrent. J'ai particulièrement relevé l'introduction du film, qui nous propose une image vieillie, avec des couleurs ternes, afin de bien nous faire comprendre qu'on est dans une temporalité antérieure à celle du film... La transition vers le présent du film grâce à l'éclat des couleurs qui revient est vraiment superbe! De même, j'ai noté quelques images avec un grain artificiel de l'image afin de rappeler les images de l'époque, ce qui fonctionne très bien sachant que le film utilise également quelques images d'époque, afin de bien nous immergé dans son histoire et son contexte.

Etant étudiant en Science, j'ai beaucoup aimé le sujet du film, qui traite de la conquête spatiale, thème que j'adore depuis ma plus petite enfance! 
Par rapport à l'exactitude scientifique des éléments montrés dans le film, je ne peux pas vraiment juger ce domaine car je suis loin d'avoir les connaissances me permettant de le faire. J'ai cependant relevé quelques éléments. Au début du film, il m'a semblait entendre un personnage dire que 18 est un nombre premier... Ce qui est très faux! J'espère qu'il s'agit d'une erreur de mes oreilles... Sinon, les autres éléments scientifiques que j'ai réussi à relevé mon parut exact. Par exemple, l'utilisation du langage Fortran pour l'informatique est cohérente. De même, j'ai adoré le fait qu'un personnage juge les compétences en mathématiques d'un autre personnage en lui demandant de calculer un repère de Frenet grâce au procédé d'orthonormalisation de Gramm-Schimdt. C'est quelque chose que je travaille en ce moment même dans mon cursus universitaire, et j'ai donc beaucoup aimé le retrouvé dans ce film. C'est un détail qui montre la volonté du film d'être exact et pointu dans son contexte scientifique, tout en restant accessible à tous bien sûr, car il s'agit là de détail non utile à la parfaite compréhension du film, et de son propos principal.

En effet, le film, à travers le contexte de la conquête spatiale, traite de la ségrégation. Il le fait de manière intelligente, grâce à une histoire magnifique, un humour réussi et des dialogues géniaux (quelques répliques très bien écrites restent en tête). Le film comporte plusieurs moments très touchants, et traite parfaitement son sujet, sans aller trop loin, en restant toujours exact. En effet, il est montré ici de petites actions et de petites victoires toujours pacifiques, gagnées grâce à l'argumentation. Egalement, le changement d'avis de certains personnages est toujours crédible. Un des personnages les plus touchants à ce niveau est celui interprété par Kevin Costner. 

Enfin, l'hommage rendu en fin de film aux femmes qui en sont les héroïnes est superbe.

Ainsi, ce film est une grande réussite, qui peut plaire à tout le monde, et que je vous conseille donc vivement. 

samedi 11 mars 2017

Kong: Skull Island

Bonjour.

Voici ma critique du film Kong: Skull Island, vu en VF et en 2D. Les spoilers sont signalés en vert.




Ce film m'a laissé une impression mitigée. Il est certes divertissant, et visuellement beau et époustouflant, mais il  a quand même plusieurs défauts qui m'ont empêchés de bien rentrer dedans. 

Avant d'entrer dans le détail de ce qui m'a déplu,  abordons ses qualités.

D'abord, les images sont magnifiques. Les effets spéciaux sont réussis, et vraiment splendides. Tout y est crédible, et le grand spectacle est au rendez-vous. L'environnement de l'île est très sympathique, et fonctionne bien. La réalisation est efficace, et se permet beaucoup de fantaisie, avec des ralentis et des effets stylisés qui tranchent avec le reste de l'oeuvre, qui reste quand même très colorée et plus pulp que réaliste (même si le réalisme est très présent, ne serait-ce que dans l'environnement hostile et poisseux de la jungle).
L'action est très bien menée, et fonctionne bien... La chorégraphie des poings de Kong sur son torse est parfaite, brutale, et très bien rythmée. 

Le casting est hallucinant! Tous les acteurs jouent bien, donnent vie à leur personnage, et rien ne dénote à ce niveau là. Cependant, quelques personnages sont un peu trop Over the top à mon goût, surtout au niveau des militaires. Ce défaut intervient surtout au début du film, cela s'effaçant petit à petit alors que les personnages évoluent face à ce qu'ils vivent, et gagnent ainsi en profondeur. En particulier, le personnage de Conrad (référence à l'auteur d'Au cœur des ténèbres ?) m'a énormément plu. 

L'histoire est également réussie. J'ai beaucoup aimé le fait que Kong soit dévoilé rapidement, décimant les humains et mettant en échec leur mission. Ainsi, le film devient un film de survit dans la jungle, où chaque personnage va réagir différemment et évoluer face à ce qu'il découvre, découvrant en particulier la véritable nature de Kong, remettant en question la première impression agressive que le monstre leur a donné


Enfin, la musique est très sympa, jouant à fond la carte du rock des années 1970. En particulier, la séquence sur le Paranoid de Black Sabbath fonctionne parfaitement, avec un effet de son déformé lors de la première attaque de Kong.

Cependant, la musique nous amène au principal défaut du film, qui m'a vraiment gêné: les clichés. En effet, le film use et abuse de clichés. Mettre autant de musiques géniales fait forcé, et perd en impact, surtout que de nombreux films utilisent cette formule récemment, la rendant cliché. Ici, le film est à la recherche constante de plans classes et badass, mettant un peu entre parenthèse l’intérêt de ces plans.
L'humour est très forcé, et les personnages, au début du film, font vraiment clichés et déjà-vus. Heureusement que le film se rattrape à ce niveau là. 
Egalement, de nombreux éléments scénaristiques font très forcés et clichés. S'en est tel qu'à la moitié du film, quelques éléments donnés m'ont conduit à anticiper des retournements de scénario clichés, qui finalement n'arrivent pas, le film se rattrapant réellement sur la fin en abandonnant les facilités sur employées  pour développer sa propre atmosphère. 

De plus, le film multiplie les références trop visibles à certaines de ces influences (Apocalypse Now, Jurassic Park, etc), ce qui lui donne un goût de déjà vu très fade, et qui le vide un peu de sa substance.

De plus, le film est remplie de quelques incohérences vraiment gênantes. Une des plus visibles est le nombre d'hélicos, qui passe de 3 sur le bateau à 10 devant la tempête, voir à plus lors de la première rencontre avec Kong. Enfin, le bestiaire ne m'a paru percutant ni inoubliable. On est loin de l'affrontement entre King Kong et un Tyrannosaure du film de Peter Jackson. 

Ainsi,  j'ai eu beaucoup de mal à entrer dedans, même si j'ai fini par l’apprécier, me laissant lentement emporté par l'histoire. 
Il m'a quand même laissé l'impression de voir un film Pop-corn certes très fun et pulp, mais vraiment pas très intelligent, alors qu'il développe malgré tout de bonnes choses, qui sont malheureusement camouflées par cette recherche constante de la légèreté. Il est plaisant, remplie son rôle, divertie, mais aurait pu faire bien mieux. 

Pour terminer, revenons sur la scène post-générique. Cette scène est très bien faite et tease bien le projet développé par le studio. Elle donne envie, réutilise avec brio des images et propos du film précédent de cet univers, et la fin sur le cri de Godzilla est vraiment prenante. Cependant, vu le ton de ce film qui me parait très incompatible avec le ton réaliste du précédent Godzilla (que je n'avais d’ailleurs pas spécialement aimé), je me demande comment ils vont lier ces deux univers. Je dois cependant admettre que le fait de retrouver la même théorie scientifique (la Terre creuse) dans ces deux films lie les deux œuvres, et ouvre des possibilités intéressantes. Egalement, tout au long du film, des liens discrets sont tissés avec Godzilla, comme les créatures qui rappellent un peu les mutos du film précédent, ou encore l'utilisation de fusées de détresse roses, rappelant une des scènes de Godzilla. 


lundi 6 mars 2017

Logan

Bonjour.

Voici ma critique du film Logan, vu en VF. Les spoilers seront signalés en vert



Voici le dernier film où apparaît le génial acteur Hugh Jackman dans le rôle de Wolverine... Rôle que j'adore, et saga que j'adore... Ainsi, alors que la dernière version du personnage, vue sous forme de caméo dans le film X-Men Apocalypse, m'avait déplu, qu'a donné ce champ du signe ? 

Malheureusement, le bilan est mitigé... Ce film renferme de grandes qualités, comme de grands défauts, ce qui laisse un goût d'inachevé désagréable. 

Je vais d'abord sur les défauts, qui viennent presque tous d'un seul élément: le film s'inscrit très mal dans la saga X-Men. 
Le contexte dans lequel on évolue est très flou et n'est absolument pas expliqué. C'est très déroutant, car on passe une grande partie du film à se demander où on évolue, au lieu de s'investir dans l'histoire et les personnages. On a l'impression que le contexte du film sort de nul part. Ce n'est pas gênant dans une oeuvre indépendante, mais au sein d'une saga, c'est une grossière incohérence! La grande majorité des éléments du film sont intéressant, mais sont incohérent au reste de la saga. On ne peut pas s'investir dans l'histoire si elle se passe dans un contexte qu'on ne peut pas relier aux films précédents, à l'état connu précédent de l'univers où évoluaient les personnages qu'on connait. 
D'ailleurs, les personnages ont changé sans qu'on ne comprenne ni nous explique pourquoi. Il y a quelques pistes suggérait, mais c'est trop maigre pour qu'on puisse s'investir immédiatement en eux. Le professeur Xavier en est le parfait exemple. Certes, il est réussi, très bien interprété, et même très drôle et touchant. Mais l'ellipse sur les événements qui l'ont conduit dans un tel état est trop grande pour qu'on cela ne nous sorte pas du film, à force d'essayer de combler les vides dans la chronologie du personnage. C'est ici gênant car le personnage a vraiment subi un important changement psychologique. Wolverine subit ce même défaut, même si on arrive plus facilement à comprendre pourquoi il en est arrivé là (même s'il subsiste des incohérences et éléments faciles lancés trop furtivement pour devenir une réelle explication, comme son empoisonnement à l'Adamantium). 
Niveau contexte plus général, c'est absurde! L'univers présenté est intéressant, mais rend la timeline (déjà compliquée) de la saga complètement incohérente! Le monde post-apocalyptique sans mutant est intéressant, mais pas du tout expliqué lors du quasiment tout le film. Il ne l'est réellement qu'à la toute fin, et de manière très furtive, avec une explication qui fait certes appel à un très bon set-up/pay-off, mais qui est fait très série-B (l'éradication du gène mutant grâce aux OGM)... Il est difficile à croire qu'un tel futur soit possible quand on voit les efforts qu'on fait les X-Men pour sauver le futur dans le film X-Men Days of future past... 
Le ton du film, très poussiéreux, gore et réaliste, est très réussi et intéressant... Mais là encore, il tranche avec le reste de la saga. Il aurait été acceptable si le contexte avait été correctement établi, en continuité avec les autres films. 
Enfin, pour revenir sur d'autres défauts plus mineurs du film, la quête d'un Eden dans un monde post-apocalyptique réaliste est certes sympa, mais a déjà trop été traitée, et bien traitée, pour être pleinement efficace ici...C'est intéressant de garder le ton réaliste du film jusqu'au bout, avec une fin intimiste, mais j'aurais préféré voir cet Eden, pour rêver avec les personnages d'un sanctuaire futuriste... Même si finalement, c'est loin d'être un immense défaut. C'est juste un détail sur lequel se focaliser lorsqu'on sort du film.
Par contre, un dernier défaut qui m'a vraiment déplu est le clone X-24 de Wolverine... C'est inutile, mal exploité, et ça en devient presque nanardesque... Dans le mauvais sens du terme! Les antagonistes en général ne sont d'ailleurs pas géniaux, et sont très clichés. 

Ainsi, après avoir décrit les gros défauts du film, passons aux qualités, qui heureusement le sauvent un peu.
D'abord, Hugh Jackman est impérial! Il joue à la perfection, et donne beaucoup de nuances au personnage... Il en montre plusieurs aspects tous intéressant. Il tient le rôle à la perfection, dont l'animalité extraordinaire qu'il arrive à faire renaître de façon saisissante! Pour un adieu au personnage, c'est un très bel adieu.
Mais niveau performance, il a une adversaire de taille en l’interprète de Laura, alias X-23.  L'actrice, via le personnage qu'elle joue, est hallucinante, captivante, parfaite. Il s'agit de la plus grande réussite du film! L'actrice est fabuleuse, et donne vie à son personnage comme rarement. Elle est infaillible, et dévoile son plus gros potentiel lors des scènes d'action, avec une brutalité et une animalité géniales, authentiques. C'est juste captivant, c'est son personnage qui m'a fait entrer dans le film, et qui m'a tenu tout le long, qui m'a fasciné. 
Le ton du film est vraiment intéressant, et est mené jusqu'au bout. Il est réaliste, sale, poussiéreux, et surtout gore. C'est aspect sont réussis, et traduisent une volonté du film de travailler sur l'animalité, la bestialité, et la brutalité. Ce travail est très bien mené. 
Le film se veut également très intimiste, et les passages vraiment calmes qui introduisent les relations entre les personnages sont excellents. 
Egalement, le film se veut très émotionnel... Et il l'est! La mort de Xavier est déchirante, et très réussie. Egalement, la mort de Logan est bien sûr très émouvante. Elle ne m'a cependant pas parut à la hauteur du personnage, ce qui vient sans doute du fait qu'on a mal expliqué l'état dans lequel il se trouve dans le film. Cependant, elle reste superbe, ne serait-ce que par rapport à la conclusion qu'elle mène à la relation avec Laura. La fin, qui la voit renverser la croix de la tombe de Logan pour en faire un X, très symbolique, fonctionne bien... Impossible de ne pas verser une larme! 
Pour terminer sur une qualité plus mineure, le film fait quelques références discrètes qui sont très bien menés, comme le Katana dans la chambre de Logan, ou encore le comics original présent dans le film

Pour conclure, ce film est clairement bon, mais s'inscrit très mal dans la continuité de la saga. Il aurait manquait un film montrant la chute des mutants, afin de redonner de l'impact et des enjeux à cet opus. 
Cela m'a beaucoup gêné, et j'ai eu du mal à entrer dedans. Heureusement que X-23 sauve tout, et est captivante... 
Je ne peux pas dire que le film ne m'ai pas touché. Il est beau et émouvant, mais j'en suis toujours resté un peu externe à cause du contexte contradictoire... 
Dommage, ce film aurait pu être grandiose sans cette grossière erreur de contexte! Ainsi, c'est un épisode très moyen de la saga X-Men... 

Mais pour un adieu au personnage de Wolverine, ça reste un bel adieu. 

dimanche 5 mars 2017

Alibi.com

Bonjour.

Voici mon très rapide avis sur le film Alibi.com. 


J'ai bien aimé ce film, j'ai beaucoup ri devant. 

La réalisation est bonne, et fonctionne très bien. L'histoire est sympathique, pleines de rebondissements efficaces. Tout parait cohérent dans sa propre logique interne. Les Set-up/ Pay-off du film sont très bien mis en place, et fonctionnent à merveille. La seule partie pénible de l'histoire est une portion de la fin qui touche un peu au cliché insupportable du 4e acte de la comédie romantique, heureusement vite expédié. Les acteurs sont bons, et donnent vie à leurs personnages et à l'histoire.

L'humour est bien sûr la base de ce film, et il est parfaitement réussi. Gardant la même équipe que les deux Babysitting, il en garde le ton, tout en se renouvelant suffisamment ( j'avais peur qu'il ne le fasse pas en voyant les bandes-annonces). La grande force de cette humour, qui me parle beaucoup, est son dosage très efficace. Il sait être subversif sans être vulgaire, et va toujours au delà de ce qu'on attend. Il se permet même d'avoir un regard critique sur notre société, ce qui est toujours un plus indéniable. 

Enfin, plus que dans les deux précédents films de la même équipe, ce film fait de nombreuses références à la pop culture, qui sont très réussies! Là où les deux Babysitting faisaient ses références via les dialogues des personnages (ce qui est dû au format de ces films), celui-là se permet d'ajouter la mise en scène aux références. Ainsi, elles sont toutes biens amenées, justifiés, sans être artificielles. Celles qui ont le plus retenues mon attention sont celles d'Assassin's Creed et de Star Wars.

Bref, voilà une très bonne comédie que je vous conseille. 

samedi 4 mars 2017

the Shining

Bonjour.

Aujourd'hui, je vais aborder un grand classique du cinéma, que j'ai eu la chance de voir récemment en VOSTFR sur grand écran. 


Avant de vraiment entrer dans le vif du sujet, je vais éclaircir "l'angle d'attaque" de cette chronique. En effet, il s'agira surement de ma chronique la plus subjective à ce jour, car je vais faire l'analyse émotionnelle de ce qui m'a personnellement touché lors du visionnage de cette oeuvre. Je n'ai aucunement la prétention de l'analyser objectivement, surtout qu'il s'agit d'un film qui a déjà dû être bien mieux analysé de plusieurs façons, vu son statut de film culte et ses nombreux niveaux de lecture. Ainsi, je vais me focaliser ici sur la façon dont j'ai vécu cette séance. 

Bien sûr, j'avais déjà entendu parler de cette oeuvre, sans jamais l'avoir vu. J'en avais vu quelques extraits, dont certains que j'ai étudié dans le cadre de cours de philosophie. De même, étant une oeuvre au fort impact dans la pop culture, j'en connaissais l'histoire globale et quelques plans iconiques, sans cependant jamais avoir eu vent de son dénouement. Rétrospectivement, les éléments que je connaissais d'avance de l'oeuvre ne m'ont en rien gâché son visionnage, bien au contraire.

Entrons maintenant dans le vif du sujet, en développant quelques éléments qui m'ont frappé, et qui ont particulièrement retenus mon attention.

Avant tout, le jeu d'acteur est juste hallucinant!!! Certes, je m'attendais à quelque chose d'exceptionnel, mais le film a surpassé mes attentes. Jack Nicholson est bien sûr magistral, et livre une performance hallucinante! Ses mimiques sont impressionnantes, et on reste constamment hypnotisé par son jeu. Les autres acteurs sont tous aussi bons et convaincants. L'enfant en particulier est saisissant, et parfaitement effrayant! 
Le seul petit défaut de ce jeu d'acteur que j'ai noté est au début du film, avant l'isolement des protagonistes principaux. En effet, alors que le film se veut réaliste, Jack Nicholson dénote déjà, et on a déjà l'impression que son personnage n'est pas "normal", n'est pas parfaitement sain d'esprit. Mais peut-être cela n'est dû qu'à la réputation de l'acteur qui m'a implicitement donné cette impression... 

Autre point qui m'a marqué: l'ambiance... Le travail de l'ambiance dans le film est phénoménal! Tout y est parfait et parfaitement orchestré, que ce soit la musique, le calme, le silence, etc. C'est simple, presque toute l'horreur du film passe par l'ambiance, la sensation d'isolement, qui est principalement créée à partir du calme... En visionnant ce film, j'y ai senti une ambiance qui surpasse tous les films d'horreurs que j'ai pu voir, et qui en reprennent plus ou moins les codes. Jamais je n'avais vu une ambiance aussi convaincante et prenante. Et en y réfléchissant, j'ai compris qu'en reprenant les codes de ce film à outrance, les films d'horreur les vidaient de leur sens, qu'on retrouve parfaitement dans Shining. Je craignais qu'avec le temps, l'usure de ses gimmicks en clichés aurait ternis leur impact dans ce film de Kubrick, mais il n'en est rien. 

Egalement, le montage m'a captivé. Certains plans m'ont vraiment interpellés, comme les déplacements du garçon dans son tricycle, qui sont d'une beauté technique incroyable! Tous les mouvements de caméra sont fluides et superbes. Quelques zooms très rapides tranchent avec le rythme plutôt lent du reste du film, afin de renforcer l'impact de certaines scènes, donnant un aspect très percutants à certains plans! En effet, le film utilise quelques fois de véritables ruptures dans son rythme, comme avec les zooms rapides, les panneaux de texte ou encore la musique. Cela créé de véritables chocs qui cependant ne sont pas putassiers, comme le sont devenus les Jump Scare de films d'horreur, ce qui illustre mon point précédent. Tout est ici parfaitement dosé pour avoir un impact maximum et servir le propos du film.

La vision de la folie, le propos principale du film, est fascinante. Le film travaille beaucoup sur l'abstrait, le contradictoire, l'implicite, afin de ne pas se rationaliser. Le spectateur est invité dans la folie des personnages, et en devient acteur plus que simple témoin. Ce film nous fait entrevoir la folie, à travers des contradictions saisissantes, et un irrationalisme perturbant. On voit plus que la folie des personnages, on y participe, et le film nous fait goûter à leur folie. 

J'ai également beaucoup aimé le travail fait sur le labyrinthe, que j'avais étudié en cours. Cet élément fonctionne parfaitement dans le film, en métaphore de l'esprit des personnages par exemple. Ce travail effectué a renforcé l'impact du dénouement sur moi, dénouement que je ne connaissais pas, et qui a été ainsi parfaitement captivant. 

Ce film m'a vraiment pris aux tripes. Il m'a captivé, j'ai été complètement embarqué dedans. Pourtant, au tout début, j'ai été un peu inquiet de ne pas me laisser aller et de le voir avec trop de recul... Mais finalement, le film m'a transporté. Cette séance a même été le théâtre de mon plus grand bond de frayeur en tant que spectateur! 

Un élément également que j'ai noté, et dont j'ai eu peur lors des premières minutes, est le grain de la pellicule, qui donne un côté très flou et vieilli à l'image. Cependant, je m'y suis vite habitué, concluant même qu'il s'agissait sans doute d'une intention du réalisateur pour souligner la déliquescence de l'esprit des personnages. 

Enfin, les plans iconiques que je connaissais n'ont pas souffert de leur banalisation dans la culture pop. Au contraire, leur impact dans le contexte du film a été décuplé pour moi. 

Pour conclure, Shining est un grand classique, un chef d'oeuvre qui mérite amplement sa réputation. Je n'y ai abordé ici que la surface, je vous invite donc à le voir.

Ce que je retiens surtout de cette séance, c'est le plaisir de découvrir en salle un si grand classique, qui m'a offert une expérience cinématographique exceptionnelle, dont je me souviendrais longtemps. 
Il faut vraiment encourager ce genre de démarche, et découvrir de telles oeuvre dans ce genre de condition, pour l'amour du cinéma!