mercredi 1 janvier 2020

Bilan des concerts 2019

Bonjour.

Comme chaque année, 2019 a été riche en concerts pour moi. J'ai eu la chance de voir beaucoup de groupes, en particulier lors du festival Hellfest. Cependant, le bilan de cette année est mitigé. En plus des regrets inhérents à une vie active empêchant de voir tout ce que j'aimerais voir, cette année 2019 a été marquée par de nombreuses déceptions, plus ou moins importantes. Steel Panther baisse en qualité, se reposant sur ses lauriers et étant en pilotage automatique. Ghost m'a déçu, ne renouvelant pas l'aura qu'il avait en 2016. -M- assure mais reste limité par un concept bancal. Enfin, si Kiss met la barre plus haute que les autres groupes, je regrette qu'il ne l'ai pas encore un peu surélevé pour cette tournée d'adieu. Suis-je aigri ? Je ne l'espère pas, ayant passé d'excellents moments dans les salles de concerts et les festivals cette année. J'espère cependant que le bilan sera moins mitigé en 2020. En attendant, voici mon classement quasi exhaustif des groupes que j'ai vu en concert cette année.

28: Slayer (Hellfest):


Sans surprise pour moi, Slayer se retrouve en fin de classement. Depuis la perte de Dave Lombardo, ce groupe ne vaut plus rien en live, handicapé par un batteur incompétent. C'est d'autant plus regrettable que la production de cette tournée est impressionnante. Une bonne chose que la retraite soit prise pour cette légende entachée d'une fin de carrière bancale. 

27: Deadland Rituals (Hellfest):


Ce groupe a donné pour moi une prestation plus que bancale. Si le guitariste du combo assure, le chanteur n'est pas à sa place, et parasite ce projet pourtant alléchant sur le papier. 

26: Korplikani:


Difficile de décrire un concert dont je n'ai presque plus de souvenir, ce qui est une preuve qu'il était loin d'être inoubliable ! Cependant, je me rappelle avoir passé un bon moment devant ce groupe, sans que cela ai bouleversé ma vie. 

25: Dropkick Murphis (Hellfest):


Décidément, ce  groupe ne fonctionne pas pour moi en live, se focalisant trop sur l'aspect punk de sa musique, et souffrant d'un public de festival ne lui correspondant pas. Pour moi, la musique irlandaise fonctionne mieux de manière traditionnelle, et au fond d'un pub!

24: Slipknot (Knotfest):


J'avais adoré la prestation que le groupe a donné en 2015 au même endroit. Cette année, le propos est brouillon. Si cela est rigolo à voir de loin, ce n'est pas pour moi un concert à l'intérêt viscéral. 

23: Gojira (Hellfest):


Encore une déception pour moi qui avait été bluffé par ce groupe à la carrure unique. Gojira est bien au dessus de tous les autres groupes français, ne palissant pas face aux pointures internationales du genre. Cependant, cette prestation fut décevante, le groupe m'ayant habitué à bien mieux. 

22: Anthrax (Hellfest):


Une prestation oubliable que j'ai suivi de loin, là où le concert de 2016 m'avait captivé.

21: Rob Zombie (Knotfest):


Ce groupe ne parvient pas pour moi à renouveler l'exploit des deux premiers concerts que j'ai vu de lui, en particulier à cause de promesses jamais tenues (en particulier au niveau de la production). Le charismatique John 5 est ici en retrait, laissant la place à un Piggy D qui tire son épingle du jeu. 

20: Powerwolf:


Powerwolf a donné une très convaincante prestation. S'il ne s'agit pas d'un souvenir inoubliable pour moi, je dois reconnaître que le groupe a assuré sans aucune faille. 

19: Steel Panther:


Ce groupe que j'aime tant continue constamment de me décevoir. Il est en pilotage automatique, ne se renouvelant absolument pas. Il ne tient pas ses promesses, et se repose sur ses lauriers, gâchant son pourtant incroyable potentiel. Une sérieuse remise en question est plus que nécessaire! 

18: Whitesnake (Hellfest):


Si les musiciens sont irréprochables, le chanteur n'a plus une once de voix, rendant triste le concert de cette légende à bout de souffle. 

17: Def Leppard (Hellfest):


Ce groupe n'arrive définitivement pas à me séduire, malgré ses tubes. Il est bien trop artificiel et superficiel, se reposant trop sur un son millimétré mais du coup dénué d'une quelconque émotion. 


16: Tesla (Hellfest):


Le Hellfest cette année a décidément été adepte du Hair Metal, ce qui n'est pas pour me déplaire. Si je garde peu de souvenirs de cette prestation, peut-être à cause de la fatigue due à 4 jours de festival, je me rappelle que j'ai beaucoup aimé ce concert, appréciant particulièrement la voix unique du chanteur. 

15: Charlélie Couture:


Un très bon concert, émouvant, dont l'impact a été renforcé par le partage. En effet, ce concert a particulièrement raisonné pour ma mère qui m'accompagnait, ce qui forcément m'a aidé à me plonger dans l'univers de cet artiste. 

14: ZZ Top (Hellfest):



Probablement la meilleure prestation que j'ai vu du groupe, enfin impliqué. Dommage que j'y ai assisté de loin, empêchant d'entièrement plonger dans ce concert. 

13: Slash (Hellfest):


Slash est une valeur sûre, même si cette prestation de qualité m'a moins marqué que ses précédentes, l'ayant vu de loin et à la fin de quatre longs jours de festival. 

12: Sabaton (Knotfest):


Une prestation solide d'un groupe identifiable et charismatique.

11: Diamond Head (Hellfest):


Voilà une prestation chaleureuse d'un groupe légendaire qui a su rester authentique. Etant dans une époque de prestations particulièrement calibrées, cela fait du bien. 

10: Ghost:


Quelle déception! Ce groupe, un de mes préférés, a été handicapé par un mauvais son, m'empêchant de profiter de sa prestation. De plus, j'ai été déçu de l'orientation du groupe, reniant son côté mystique et satanique pour un pur divertissement pop qui du coup ne me donne plus de frissons. 

9: Turisas:


En plus d'un concert solide, le groupe offre une réelle prise de risque en proposant un rappel acoustique, transcendant une prestation qui prend aux tripes! 

8: Lynyrd Skynyrd (Hellfest):


Voilà un groupe mythique à la hauteur de sa légende, qui a offert au Hellfest un concert chargé en émotions. 

7: -M-:


Si -M- est un artiste accompli et extraordinaire se renouvelant constamment, sa forme actuelle n'est pas sa plus aboutie. Il est handicapé par son concept. S'il assure, il n'est pas à son plein potentiel, et ne parvient pas à rendre ce concert aussi incroyable que certains de ses précédents.

6: Alice Cooper:


Probablement le meilleur show que j'ai vu d'Alice Cooper, qui mérite enfin pour moi ses lettres de noblesses. Dommage que sa voix soit si peu audible. 

5: Blackrain (Hellfest):



Le groupe a donné au Hellfest un concert irréprochable selon moi, étant à la hauteur de sa musique que j'aime tant. 

4: Ultra Vomit (Hellfest):


Un groupe qui a su profiter de l'opportunité qui lui a été donné. J'ai eu l'impression d'assister au concert le plus important du groupe, comme s'il s'agissait de l'accomplissement de sa carrière. Mémorable!

3: Kissin' Dynamite:


Ce groupe a donné à Nantes un concert irréprochable. Digne héritier du Hair Metal, style que j'aime tant, il jouit d'un frontman charismatique et d'une énergie communicative. 

2: Dream Theater (Hellfest):


Que dire ? Ce groupe a donné une prestation remarquable, malgré quelques manques dans la setlist. Les musiciens sont hallucinant de technique et de feeling, m'envoûtant complètement. Il me tarde de revoir ce groupe en salle.

1: Kiss:


Sans grande surprise, mon groupe préféré est à la tête de ce classement. Ce ne fut cependant pas acquis. Sa prestation au Hellfest m'a été gâché par un public désastreux. Heureusement que l'ambiance du public londonien m'a permis de correctement profiter de ce nouveau show. Si le groupe est une valeur sûre, je regrette qu'il n'ai pas été plus loin pour cette tournée d'adieu. J'ai l'impression qu'il a sur-vendu sa production, ne repoussant pas autant qu'il l'avait promis ses limites. Ainsi, ce concert, aussi excellent soit-il, n'entre pas pour moi sur le podium de mes prestations préférées du groupe. J'espère quelques surprises en 2020!




vendredi 20 décembre 2019

Ghost au zénith de Nantes

Bonjour.

Voici ma chronique du concert qu'a donné Ghost à Nantes ce 18 décembre 2019. Contrairement à mes craintes, j'ai pu me servir de mon appareil photo.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à souligner l'incivisme des gens, malheureusement de plus en plus commun lors des concerts. Beaucoup cherchent à grappiller des places, ce qui a fini par déclencher quelques bagarres, ce qui est aberrant. Je ne comprends pas ce manque de respect. 


Le premier groupe à jouer ce soir est Tribulation. Le décor de scène est plutôt beau, comprenant entre autres de l'encens. Après un introduction longuette de 10 min de musique classique atmosphérique et planante, le groupe monte sur scène. Le lightshow est bon, la scène est gorgée dans la fumée, ce qui soutien l'atmosphère développée par le groupe. Le son est brouillon (en partie à cause des effets très important sur les guitares), mais ce n'est pas gênant. C'est même plutôt à propos, par rapport au style de musique que nous propose le groupe. En effet, Tribulation joue un Black Metal plutôt soft, avec une batterie plutôt rock. Le groupe développe avec brio son atmosphère occulte. Il est supporté par des intros sur bandes, et par une bande discrète lors d'un morceau. La musique qu'il joue me parle beaucoup. Les musiciens ont un look typique de style, arborant des corpse paint réussis. En particulier, le guitariste habillé en mariée morbide est très perturbant. Les musiciens sont charismatiques, et développent une bonne attitude sur scène. J'ai beaucoup aimé cette première partie, qui m'a transporté. Voilà donc une bien bonne entrée en matière! En revanche, ceux qui n'aiment pas le Metal (Ghost fédérant un public varié) ont du subir ce groupe.

Vient ensuite le concert de All Them Witches. Le décor est différent, développant cette fois une atmosphère psychédélique typique des années 60. Les instruments vintage suivent cette logique. Le groupe montre ses intentions en diffusant War Pigs en introduction, ce qui s’avérera être le meilleur moment de sa prestation! Les musiciens montent sur scène, arborant un look d'hipster vintage insupportable. Le lightshow est simple, n'ayant pas matière à sublimer. Le son est ultra grave et brouillon. Le groupe joue un stooner évoquant Black Sabbath, en plus rock, sans rien d'occulte. Sa musique est sans âme. Il s'agit d'un rock lourd, lent et moche, inspiré des années 60, mais extrêmement monotone et sans saveur. La musique du groupe est médiocre. Elle pourrait être correcte avec un bon son et d'autres musiciens, avec de la créativité. Quel gâchis! Le groupe diffuse en intro de morceau des bandes sonores clichés. Il n'y a aucune ambiance, la prestation du groupe étant soporifique. Le chant est ultra mou, plus proche du rockabilly, ce qui ne colle pas au reste lourd. La moitié des riffs du groupe est repompée sur des groupe comme Black Sabbath, Hendrix, the Doors, ZZ Top... Mais c'est tellement mal joué qu'il est possible de ne pas s'en rendre compte! Il s'agit clairement d'un groupe de hipster san talent, on aurait pu s'en passer tellement c'est nul! Je manque de mots pour dire à quel point je subis ce concert. 


Vient enfin le concert que tout le monde attend: celui de Ghost! Le lightshow est superbe, la scène est splendide. Plein d'effets cool se dévoilent lors du concert, comme de la fumée, des feux d'artifices, des confetti, etc. Le show est irréprochable.
En revanche, le son est mauvais. Il est beaucoup trop fort, il sature. Il dénature tout, n'offrant aucune finesse ni aucune précision. Il crache. De plus, la voix du Cardinal Copia  me semble nasillarde, comme celle d'un canard. Je n'en perçois que les aiguës! Le chant n'est donc potable uniquement que dans les grave, comme lors de Mummy Dust. Ce son m'a gâché le concert!
L'acting des musiciens est très cool. Ils sont expressifs malgré leur masque, développant de véritables  scénettes. En revanche, je trouve les costumes en dessous de ceux de la phase différente du groupe. Les Nameless Ghouls semblent toutes bouffies. Ces costumes semblent assez commun, moins soignés, moins tirés à quatre épingles. Ils ne dégagent plus rien de surnaturel, n'ont plus d'aura.
Le Cardinal Copia, s'il est un bon frontman, n'est pas exempte de défauts. Il est par exemple bien trop sexuel. Il multiplie les gestes obscènes et les paroles grivoises, au point de donner l'illusion d'être en présence d'un membre de Steel Panther! Il ne parvient pas à la balance subtile de Papa Emeritus 3, qui se contentait de quelques blagues rares. Le groupe et son frontman ne développent que l'aspect pop, divertissant et second degré, négligeant l'occulte. Il n'y a plus rien de mystique, de magique, de mystérieux, de satanique, et donc de subversif. 
Contrairement à la tournée précédente, le groupe utilise très peu de bande pour étoffer son son. Il n'y en a que lorsque c'est nécessaire, ce qui est bien mieux. Les nombreux musiciens assurent, se chargeant des chœurs. La musique du groupe reste excellente, malgré ce mauvais son. Papa Nihil fait vraiment illusion au saxophone, au point que je me demande s'il n'en joue pas vraiment. 
La setlist est correct, même si elle soufre de quelques manques: Pro Memoria, Monstrance Clock, Life Eternal, If you have ghost, etc.
Le public de ce soir semble pop. Il ne connait pas les vieux morceaux, que Copia fait l'erreur d'essayer de faire chanter avec insistance. En revanche, ce public surréagit lors des trois tubes du groupe, tel les groupies de Justin Bieber. 


J'ai été très déçu par ce concert de ce groupe que j'aime tant. Pour moi, la mayonnaise n'a pas pris. J'avais certes beaucoup d'attentes. Ce concert est moins bien que ceux que j'ai vu du groupe en 2016, malgré un répertoire plus riche (grâce entre autres au chef d'oeuvre Prequelle) qui aurait permis au groupe de transcender cette tournée, en ayant gardé l'esprit tout en équilibre entre occulte et divertissement d'alors. 




jeudi 12 décembre 2019

Star Wars épisode 9 : L'ascension de Skywalker

Bonjour.

Voici ma critique de l'épisode 9 de Star Wars, l'ascension de Skywalker, que j'ai vu en VOSTFR et en 2D. Cette critique sera forcément très longue, et très subjective. Les spoilers sont signalés en vert.


Que dire sur le contexte subjectif de visionnage de ce film ?  Je suis depuis mon enfance un très grand fan de la saga Star Wars. Pour moi, les 6 films de George Lucas sont des chefs d'oeuvre qui décrivent une histoire profonde, forte et cohérente. En ce qui concerne les œuvres de Disney, Rogue One est un ajout plus que digne à la saga originale. Solo est anecdotique. Quant à la suite de la saga numérotée, elle est simplement affligeante. Star Wars 7 est le pire épisode de la saga selon moi. Il ne reprend que la surface, ayant tout faux sur le fond, rendant incohérent les épisodes précédents. Il est superficiel, et est donc une insulte à l'intelligence de la saga. Star Wars 8 m'a plu car il détruit beaucoup d'éléments de Star Wars 7. Il n'apporte cependant rien de satisfaisant, ne corrige rien. Il contribue à l'incohérence de cette nouvelle trilogie, trahissant la saga d'origine. 
Je suis conscient que cela ne se dégage pas de mes articles écrits à chaud. Ces films sont suffisamment divertissants et bien réalisés pour nous embrouiller. Ils nous manipulent, faisant émerger artificiellement des émotions positives afin de faire croire à une réussite artistique. Mais avec le recul, lorsqu'on y réfléchie, ces films sont des insultes à l'univers de Star Wars. 
Ainsi, je n'étais bien sûr pas intéressé par la conclusion de cette trilogie catastrophique. J'étais particulièrement inquiet que le réalisateur du pire épisode de la saga, JJ Abrams, revienne à la réalisation. Les bandes annonces ne m'ont pas rassuré. Comme les films de cette nouvelle trilogie, elles jouent sur la nostalgie pour forcer un semblant d'excitation, mais ne tiennent pas la route face à la moindre réflexion. Ainsi, elles témoignaient d'un manque de cohérence dans la nouvelle trilogie: le 7 met en place des éléments que le 8 détruit mais que le 9 semble reconstruire (le sabre de la famille Skywalker, le casque de Kylo Ren, etc). Qui plus est, le retour d'éléments de la saga originale m'inquiétait (en particulier le retour de Palpatine). Soit il s'agissait de pub mensongère et ses éléments seraient mineurs dans le film, soit il s'agissait d'incohérences profondes avec la saga originale. Clairement, la campagne marketing était chaotique, présentant des éléments loufoques afin de susciter le moindre intérêt (le retour de Palpatine ne pouvant n'être qu'une trahison thématique de toute la saga d'origine, le passage dans le côté osbcur de Rey ne pouvant n'être qu'une illusion peu convaincante,  les débris incohérents de la deuxième étoile de la mort, etc). Surtout, elle était accès sur le fait que ce film serait la conclusion de toute la saga, ce qui est une aberration en soit! Les 6 films de George Lucas proposent une histoire cohérente et thématiquement pertinente... L'épisode 9 ne peut en être la conclusion vu que les 7 et 8 sont incohérents avec la saga d'origine, voir même insultants. Il s'agit pour moi d'une démarche prétentieuse, qui m'énerve profondément. Plus encore, le fait que les gens avalent cela sans réflexion m'énerve encore plus, surtout quand la moindre critique envers cette nouvelle trilogie aberrante est ridiculisée par l’appellation "fanboy". Me revendiquant depuis toujours fan de Star Wars, l'amalgame fait entre l'ensemble des fans de cette saga et quelques idiots extrémistes me chagrine. L'argument de l'homme de paille utilisé contre ceux qui osent remettre en question cette saga me gêne beaucoup, rendant impossible le débat.
J'avais bien sûr un petit espoir que ce film sauve les meubles et rende un semblant de cohérence à cette trilogie. Au moins, je pouvais attendre du divertissement, les bandes annonces me donnant un peu d'espoir à ce sujet, promettant un climax impressionnant. Mais dans tout les cas, il s'agirait d'un échec créatif car une trilogie ne fonctionne pas comme cela: chaque film doit se suffire à lui même tout en restant cohérent avec le reste en soit.
Mon attachement à cette saga cinématographique et donc mon aversion pour la nouvelle trilogie de Disney peuvent sembler disproportionnés. Après tout, il ne s'agit que de films de divertissement. Cependant, ses films ont forgé mon être. Ils sont importants à mes yeux, étant les œuvres qui ont le plus raisonné émotionnellement pour moi lors de mon enfance, et donc lors du reste de ma vie. C'est difficile à décrire, mais je pense qu'une majorité d'entre vous est attaché à une oeuvre de manière identique. Star Wars représente une part importante de ma vie et de mon imaginaire. Le voir dénaturé est donc difficile pour moi. C'est un vrai crève cœur de voir cette saga mythique et si importante à mes yeux vidée de sa substance, de ses thématiques et de sa force. La forme des nouveaux épisodes est certes soignées, mais le fond est risible. Les images peuvent être extraordinaires, le grand spectacle peut être au rendez-vous, expliquant que certaines personnes aiment ces films. Mais sans histoire créative et profonde, il s'agit d'un échec, et d'une insulte à une part non négligeable de ma vie. Il s'agit même d'une insulte à l'intelligence! Toute personne réfléchissant un minimum peut se rendre compte de l'insulte qu'est cette nouvelle trilogie. Après, tous ne sont pas aussi attachés que moi à cette saga, et donc peuvent plus facilement relativiser la situation, ce que j'envie presque.

Qu'ai-je donc pensé de cet épisode 9 ?

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce film va loin! Je m'attendais à ce qu'il soit mauvais, mais j'ai été surpris de découvrir à quel point! Il me ferait presque penser que l'épisode 7 respecte la saga en comparaison!

Avant de déverser ma bile, je dois malgré tout souligner les nombreux bons points du film. En effet, le film présente certains des meilleurs éléments de cette nouvelle trilogie, au point de m'avoir fait espérer voir un final satisfaisant. J'ai eu de réels moments d'implication, de réels moments d'espoir.
Déjà, la forme est soigné. C'est certes le minimum syndical, mais les images sont belles et les effets spéciaux sont réussis (sauf exceptions, comme la planète qui explose de manière moins réaliste qu'en 1977 tant la maquette se fait sentir). La direction artistique est intéressante, présentant un peu de créativité. J'ai beaucoup aimé par exemple la planète Sith, avec ces statuts majestueuses. De même, si leur présence est incohérente, les ruines rouillées de la seconde étoile de la mort sont très réussies. Il en est de même pour la maison délabrée de Luke sur Tatooïne : ces environnements sont palpables et aident grandement l'immersion dans le film. S'ils manquent encore une fois d'originalité (même le temple Sith semble similaire à celui de la série Star Wars Rebels), les décors sont au moins bons.
L'humour est pour une fois parfaitement réussi. Il est là où il faut quand il faut. Il est très bien dosé.
Les acteurs sont quasiment tous bons. Les personnages gagnent en profondeur et en sérieux. Ce sont enfin des personnages attachants, qui semblent réels, et non plus des coquilles vides inintéressantes. Finn et Poe en particulier sont bien plus crédibles que dans les épisodes précédents. Le film s'intéresse enfin aux motivations de Finn et aux raisons qui l'ont poussé à quitter le premier ordre, ainsi qu'au passé de Poe. La trahison de Hux, si elle est incongrue, a le mérite d'être justifiée. Si c'est anecdotique, je trouve malgré tout plutôt positif de montrer un baiser lesbien entre deux figurants, même si j'aurais été en faveur d'une romance plus approfondie entre Finn et Poe par exemple, comme le laissait le suggérer le film. J'ai également trouvé rigolo que les soleils de Tatooïne semblent former BB8. Si le retour d'Han Solo en tant qu'ersatz de fantôme de force m'a d'abord semblé bancal, je dois reconnaître qu'il offre une scène intéressante, jouant sur des échos avec celle (ridicule) de l'épisode 7.
Plusieurs scènes d'actions sont réussies, comme la séquence dans le star destroyer ou l'exploration de la caverne sous le sable. J'ai également bien aimé les références à la prélogie (C-3PO qui évoque le Sénat, ou encore la présence de vieux droïdes de combat de la fédération du commerce). Pour la première fois dans la postlogie, on retrouve une galaxie immense, là où les précédents films donnaient l'illusion que la galaxie était minuscule. Pour moi, la flotte de vaisseaux destructeurs de planète est un bon enjeu: malgré ce déjà-vu, la multiplicité et la rapidité de la menace est nouvelle, créant une ampleur inédite.
De manière général, le film répond à beaucoup des questions laissées en suspens dans cette trilogie, parvenant à corriger l'ensemble. L'origine de Snoke est dévoilée et est cohérente. Le pouvoir de guérison de Rey est bien travaillé, dévoilé lors de la scène du serpent, qui montre enfin Rey se comporter comme une Jedi. Les origines de cette dernière résolvent beaucoup de problèmes, en particulier le fait qu'elle ne maîtrise jamais ses émotions, ne respectant donc pas la voie des Jedi. S'il est dommage que cela ne soit pas plus montré, je trouve très intéressant de dévoiler l'entrainement de Jedi de Leia, qui a renoncé à en devenir une car elle sentait que cela l'amènerait à affronter son fils! Le flashback de l'entrainement entre le frère et la sœur est un régal! Il s'agit probablement de la meilleur idée du film. C'est dommage que cette trilogie n'est pas approfondie la question.  Vraiment, ce film avait plein de raisons de me plaire.

Malheureusement, toutes ces qualités semblent insignifiantes face aux défauts du film, et aux trahisons qu'il fait  à la saga.
Déjà, le rythme du film est affreux. Il est beaucoup trop rapide et dense, au point qu'on se détache de tout ce qui s'y passe. Tout est tellement rapide que rien ne semble avoir d'impact. Comment s'inquiéter pour Rey si elle traverse l'océan sois-disant dangereux en quelques plans ? Cela est tel que la bataille aérienne finale, qui aurait du être la plus impressionnante de la saga, est au final oubliable (surtout que les rebondissements ont été dévoilés dans les bandes-annonces). De même, je ne me souviens même plus du moment où Rey apprend sa lignée, alors que cela devrait être une révélation centrale. J'ai eu l'impression de voir un téléfilm, un épisode de série, et non un film, tant tout y semble rushé, et tant les événements en sont dignes (recherche d'artefacts comme la dague au design discutable et peu cohérent dans son fonctionnement, libération de prisonnier, etc). Il n'y a plus de thématique, plus de profondeur. On assiste à des événements, mais plus rien n'a de sens, il n'y a plus de questionnement. Même les épisodes 7 et 8 proposaient plus de réflexion. Ici, il n'y a que des actions, que du factuel.
La musique est également la pire de la saga. Les thèmes réutilisés ne collent jamais à la scène, me donnant un sentiment d'artificialité qui m'a systématiquement sorti du film. Par exemple, la musique du générique de fin est utilisée plusieurs fois dans le film.
Le film donne dans la surenchère d’invraisemblances et d'incohérences. Il y a plus de résurrections miraculeuses que dans tout le reste de l'univers étendu de la saga (les films ayant jusque là évité ce piège) : Rey, Palpatine, Chewie, C-3PO, Kylo Ren (deux fois, finissant par mourir une troisième fois!)... La force est devenue de la magie pure et dure, sans aucune forme de cohérence: Luke parvient à saisir un sabre laser et à soulever un X-wing avec la force tout en étant un fantôme, Kylo Ren et Rey échangent des objets à travers l'espace grâce à leurs visions, etc... C'est absolument stupide ! La force n'est là que pour arranger le scénario.
Pour une fois dans cette postlogie, cet épisode propose un peu d'originalité. Malheureusement, cette originalité empiète souvent sur la cohérence. Par exemple, les environnements originaux semblent invraisemblable ou impossible, contrairement à ceux de la saga originale (Felucia ou Kashyyyk semble crédible malgré leur exotisme). La nébuleuse d'Exegol (nom qui me semble bancal) et les mondes visités lors des rebonds du Faucon par exemple sont trop irréels pour moi. Au passage, je trouve les sauts dans l'hyperespace depuis une atmosphère (fréquents dans cette posltogie) discutables. Rogue One avait aussi ce défaut, qu'il rattrapait avec une urgence justifiant ce saut, et avec une bien meilleure cinématographie.
Rey est plus que jamais surpuissante. Son entrainement dérisoire ne justifie pas autant de pouvoirs : elle est quasiment invulnérable et omnisciente (arrête un vaisseau spatial, ressent Chewbacca à plusieurs kilomètres, etc). Elle échoue lors de son entrainement, ne faisant jamais preuve de maîtrise de soit. Par son manque de discipline, d'humilité et d'efforts le long de cette postlogie, elle ne mérite aucunement d'incarner tout les Jedi, même si j'ai aimé entendre les voix de ceux-ci (Yoda, Anakin, Windu, etc). Surtout, la dernière scène du film finit d'enfoncer le dernier clou du cercueil de la saga: elle se revendique Skywalker... Son actrice ne m'a jamais convaincu lors de cette trilogie, probablement à cause d'une écriture de personnage désastreuse. Sa performance ne m'a jamais permis de croire au personnage.
Kylo Ren revient à la lumière sans grande conviction, ne m'ayant jamais convaincu d'être vraiment du côté obscur. Son revirement se fait à peine sentir, mais le personnage demeure intéressant. L'acteur n'est convaincant qu'une fois le personnage revenu à la lumière pour moi. Il souffre surtout des mauvaises bases posées par les films précédents. C'est d'autant plus dommage que ça rend la mort de Leia plus que bancale (au passage, sa présence est malaisante tant les effets numériques se font sentir). Le baiser final qu'il donne à Rey est insupportable et injustifié: il s'agit d'un pur formatage Disney.
Le fan service est mal géré: si Lando est réussi, son absence est mal justifiée. Chewbacca reçoit une médaille juste pour faire plaisir au fan. Le film se voit même obligé de répondre aux polémiques engendrées par l'épisode 8 : plusieurs sauts dans l'hyperespace pour échapper au traçage, référence à la stratégie Holdo, ou Luke avouant qu'il avait tord lors du film précédent.
D'autres défauts émaillent le film. Par exemple, le design des ewoks est loupé. Les chevaliers de Ren sont anecdotiques. La première apparition de Rey est nanardesque, montrant une lévitation de force invraisemblable, surtout que les fils la soutenant se font grandement sentir. Il est suggéré que Finn est sensible à la force, comme finalement presque tous les personnages... Rey fait l'erreur de partir en laissant son sabre à Kylo après l'avoir vaincu sur l'épave de l'étoile de la mort! Le fonctionnement de la flotte Sith est débile. Il aurait été plus intéressant de mettre en place un raisonnement à la Rogue One: pas à pas, ou plutôt vaisseau par vaisseauToute la célébration finale est bizarrement très similaire à celle de l'épisode 6, avec en plus la destruction incohérente des vaisseaux du premier ordre, rappelant la fin d'Independance Day.
Pour moi, le plus grand échec du film est son ressort principal : Palpatine. Son design est systématiquement un échec. Ses pouvoirs sont exagérés: captation de force vitale et éclairs surpuissants. La moitié de ses phrases sont issues de memes. Son plan de devenir l'ensemble de tous les esprits Sith est une aberration, surtout qu'il le dévoile explicitement à son ennemi! Toute la séquence face à Rey semble calquée sur celle de l'épisode 6 avec Luke, avec en plus une forte inspiration d'Avengers Endgame (structure de la bataille finale et réplique de Rey). Sa mort est ridicule et molle, loin de la pertinence de sa chute dans le retour du Jedi. Enfin, il représente l'affront ultime de Disney : Anakin n'est plus l'élu vu que les Sith survivent. Bien sûr, Palpatine revenait également dans l'ancien univers étendu. Mais justement, il le faisant dans l'univers étendu. Les films restaient thématiquement solides, comme une base que l'univers étendu complétait sans jamais prétendre en continuer les thématiques, juste les événements. Son retour n'avait pas la même importance que sa mort dans les films, vu qu'il ne se faisant pas au même niveau. Ici, sa survie est centrale, et détruit tout l'arc narratif et thématique des 6 films de la saga. Il s'agit de  l'insulte ultime à la saga de George Lucas.

Il y a tant à dire sur ce film que je risque de compléter cet article au fur et à mesure que des éléments me reviennent.
Je ne peux pas vous inviter à le voir. Si je vous encourage à vous forger votre propre avis, je pense aussi qu'il ne faut pas offrir à ce film un succès commercial. Pour moi, la nouvelle trilogie est un échec, et c'est avec tristesse et amertume que je constate la fin d'une saga que j'aime tant.
Je publierais bientôt sur ce blog un essai au sujet de mon lien affectif avec Star Wars.

En attendant, dans ces heures sombres, que la force soit avec vous.


dimanche 1 décembre 2019

the Mandalorian : réflexion autour du début de la série (épisodes 1 à 4 de la première saison)

Bonjour.

Je vous propose dans cet article une réflexion autour du début de la série the Mandalorian. Je vais aborder quelques aspects des quatre premiers épisodes de la série, que j'ai vu en VOSTFR. Les spoilers sont signalés en vert


Pour l'instant, j'adore cette série! Je prends un plaisir fou à la découvrir. J'y retrouve le frisson de l'univers Star Wars que je n'avais plus retrouvé en images réelles depuis la saga originale, ou du moins Rogue One, seul film réussi pour moi de l'ère Disney. 
Niveau forme, tout est réussi. L'univers est crédible et palpable. Les effets spéciaux sont convaincants. Le traitement réaliste est intéressant. Cette approche différente est particulièrement marquante lors des flash-back situés durant la guerre des clones: on n'avait jamais vu les droïdes abordés de cette manière.  Les bruitages sont également bons. Enfin, la musique colle parfaitement à l'atmosphère unique de la série, même si je dois avouer que j'ai mis un peu de temps à m'adapter à ses partis pris. Il est maintenant temps de s'attarder sur le fond de ce début de série.
De part son thème, la série se veut intimiste. Il s'agit d'un western se déroulant dans l'univers Star Wars. Il est donc normal d'y retrouver une échelle à taille humaine, visible par exemple avec la taille restreinte des villages de la série. J'ai beaucoup aimé le fait que l'histoire évolue au fil des épisodes, comme un film découpé, un sériel, et non comme une série épisodique (même si je dois avouer que l'épisode 4 donne l'impression d'être une sorte de filler). Les personnages sont tous réussis et mémorables, en particulier le personnage principal, même si son aura est dès le premier épisode entachée par quelques fails assez contradictoires avec l'iconisation de départ. Le contexte politique, s'il est peu abordé, est malgré tout présent et intéressant. Cette série réussie magistralement à me faire voyager dans l'univers de Star Wars.

C'est ici que je m'arrête d'en faire la critique pour plutôt entrer dans la réflexion, afin d'en développer un aspect bien précis. 

En effet, la série parvient à ce point à nous convaincre qu'on se trouve dans l'univers Star Wars grâce à un fan-service gargantuesque. C'est probablement la raison pour laquelle elle m'enthousiasme autant lorsque je la regarde. Cependant, par honnêteté intellectuelle, je dois reconnaître qu'avec le recul, il s'agit probablement de la plus grande faille de la série. En effet, elle ne créé rien de nouveau. Tous les éléments qui y sont présentés viennent d’œuvres antérieures : les films, ou les séries canon the Clone Wars et Star Wars Rebels. Cela n'est pas très grave lorsqu'il s'agit d'éléments contextuels (la créature de Jabba grillée, le chat de Lothal issue des séries animées, etc). Le problème, c'est que tous les éléments de la série sont pré-existant : le droïde IG chasseur de prime, les Jawas, l'enjeu autour du TR-TT, toute la culture mandalorienne même! L'aspect le plus créatif et marquant de la série à ce jour est l'enfant, le fameux Bébé Yoda. Bien évidemment, j'adore ce personnage attachant, dont chaque apparition me fait fondre. Mais aussi brillante que soit l'idée, il ne s'agit pas d'une création pure, juste d'une réadaptation d'un élément déjà connu de l'univers Star Wars. Les rares éléments nouveaux (la créature du deuxième épisode, l'alien chassé du premier, le village fermier du quatrième) sont peu mémorables voir très légèrement bancals. 
Il s'agit maintenant de nuancer le propos face à cet état des faits. Pour moi, la créativité est le principal échec de l'ère Disney de Star Wars. Elle fait cruellement défaut. Je n'ai pas envie d'être aigri envers un univers que j'aime tant, mais je dois admettre que les mauvaises expériences précédentes m'ont rendu douteux. Il s'agit donc de déterminer si ce doute est fondé ou non. 
Comme je le disais, la série the Mandalorian est peu créative à ce jour, en terme de nouveauté pure. C'est réminiscent de l'ère Disney. Au moins, cette série est cohérente à l'univers, ne le trahissant pas, contrairement à la nouvelle trilogie cinématographique. Peut-être est-ce là la clé de son succès. Il serait triste de constater que la série est si bien reçue uniquement car elle est cohérente avec l'univers. C'est le minimum à demander. Déçus des échecs précédents de la saga, on serait prêt à idolâtrer la moindre œuvre cohérente à la saga de départ, même si cette oeuvre n'apporte finalement rien. C'est la question que j'essai d'analyser ici : la série mérite-t-elle l'enthousiasme qu'elle génère, ne serait-ce que personnellement ?
Il est important de préciser à ce stade que la nouveauté est compatible avec la cohérence à l'univers. Rogue One et la série the Clone Wars l'ont prouvé. Malgré leurs contraintes, ils ont réussi le tour de force de proposer un univers cohérent à la saga, avec des éléments nouveaux qui s'y inscrivent. Les arcs narratifs de the Clone Wars qui m'ont le plus marqués sont ceux proposant du neuf : Christophsis, le Malveillant, la bataille d'Umbara... Au contraire, les arcs reprenant des histoires déjà abordées dans l'univers étendu m'ont moins plu : l'infection de Naboo, la bataille de Mon Calamari, etc. The Clone Wars contient plein de défauts, et mériterait un article détaillé à part entière tant cette série est intéressante et diversifiée, mais je m'éloigne du sujet. 
En ce qui concerne Disney, Rogue One est une exception. Tout ce que je connais de la saga qui a été produit par la firme est du recyclage. Le meilleur exemple est la série Star Wars Rebels. Hormis les inquisiteurs (qui est une idée brillante), la série ne propose aucune nouveauté. Elle est juste utile à rendre canon des éléments de l'ancien univers étendu (Thrawn, le croiseur interdictor, le Defenseur-TIE, etc), et à continuer certains arcs narratifs de the Clone Wars (Ahsoka Tano, Rex, Dark Maul, etc). Même l'espèce des Lasat est issue des design intermédiaires de Chewbacca! Au passage, un élément similaire m'a interpellé dans la bande annonce de Star Wars 9: le trône aperçu est repris d'un design de l'épisode 6! Pour moi, il s'agit d'un témoin du manque de créativité de l'ère Disney de Star Wars. 
Pour autant, malgré cela, j'ai beaucoup aimé cette série animée!  Elle ne fait que nous inviter à entrer à nouveau dans l'univers Star Wars, et à y découvrir de nouvelles histoires. Ces histoires s'appuient presque exclusivement sur des aspects déjà connus de l'univers Star Wars, mais tant qu'elles sont bonnes, cela n'a pas d'importance. La créativité peut s'exprimer à travers l'originalité et l'intérêt des histoires racontées, et non uniquement à travers la nouveauté des éléments présentés.
Un bon exemple de cela est Ashoka Tano. Ce personnage est probablement mon préféré de l'univers étendu, tant il est marquant et intéressant. Pourtant, les caractéristiques de départ du personnage sont similaires à celles de bébé Yoda: un représentant d'une espèce connue (les Togruta pour Ashoka) à un âge inédit dans la saga. En ce qui concerne Ashoka, c'est parfaitement réussi car le personnage est profond et évolue. Pour moi, c'est également réussi pour the Mandalorian, tant ce bébé Yoda développe une personnalité attachante, même si forcément discrète vu l'âge du personnage (ou du moins sa condition de jeune enfant). Ainsi, ce reproche de manque de créativité est infondé en ce qui concerne ce personnage précisément. Tant que le personnage apporte quelque chose d'intéressant et d'inédit, peu importe qu'il ne soit pas entièrement nouveau dans l'univers.

Pour conclure, la série the Mandalorian opère au même niveau que la série Star Wars Rebels. Tant que l'histoire racontée est intéressante et inédite, peu importe qu'elle apporte de nouveaux éléments à l'univers. L'essentiel est qu'elle soit bonne, ce qui est pour moi le cas. Bien sûr, je trouve parfaitement légitime qu'on rejette cette série pour ce manque de créativité apparent. Mais pour moi, la simple découverte de nouvelles histoires dans l'univers que j'aime tant me suffit. A ceci près que ces histoires soient cohérentes avec l'univers, contrairement à la nouvelle trilogie! 

Il me tarde donc les nouveaux épisodes de the Mandalorian, que j'attends avec impatience. Si j'aimerais découvrir de nouveaux aspects de l'univers Star Wars, la satisfaction d'y retourner et d'y découvrir de nouvelles histoires me comble déjà.

Que la force soit avec vous. 

dimanche 20 octobre 2019

Blackrain / Kissin' Dynamite

Bonjour.

Voici ma chronique du concert de Blackrain et de Kissin' Dynamite au Ferrailleur de Nantes le 19 octobre 2019. Il s'agit du premier concert que je vois dans cette salle, qui s'avère très petite.


Après une intro relativement ridicule, Blackrain monte sur scène avec quelques minutes d'avance par rapport à l'heure annoncée. Le son est plutôt moyen, étant légèrement brouillon. De plus, le son de la guitare lead ne m'a pas plu: il est plus proche d'une overdrive que d'une distorsion, ce qui enlève de la puissance et de la fluidité aux parties guitares concernées. Le lightshow est très bon, ce qui est une bonne surprise vue la taille réduite de la salle. Le concert est très calibré, le groupe jouant au tempo et avec des bandes prédominantes, en particulier pour les chœurs. C'est particulièrement voyant et pathétique lorsque les bandes de chœurs s'arrêtent lors du dernier morceau, permettant au public de découvrir la pauvreté des chœurs réellement assurés par les musiciens. Vu le contexte, je trouve cela dommage. Le tout manque d'énergie, malgré les efforts des musiciens pour faire le shows. Le concert est assez poussif. Pour moi, le maillon faible du groupe est clairement le batteur. Son look (poils longs partout et cheveux courts) dénote avec le glam des autres musiciens. Plus grave encore, ses parties batterie sont monotones, sans recherche, comme si elles avaient été programmées par un guitariste! C'est vraiment dommage qu'il semble si peu impliqué, tant les autres musiciens ont une bonne présence scénique, dynamique et positive. La setlist est plutôt pas mal, les classiques étant toujours aussi bon à entendre en live. Les nouveaux morceaux par contre sont assez plats. Le groupe fait pas mal de clins d’œil musicaux (We will rock you, Raining blood, Sweet child o'mine, reprise finale de We're not gonna take it), ce qui est sympathique. 
Sans être mauvais, j'ai trouvé ce concert assez plat. J'ai passé un bon moment lors de ce show, même s'il s'agit du moins bon que j'ai vu donné par le groupe. Le show du Hellfest était bien plus convaincant. Il semblerait que le groupe ne se soit pas adapté au contexte. Il est plus à l'aise sur des plus grosses scènes, dans un contexte moins intimiste et plus ambitieux. 


Après un court changement de set, la tête d'affiche de la soirée débarque sur scène. Dès les premières minutes, il paraît évident que Kissin' Dynamite donne un concert magistral et parfait! Le son est excellent, puissant, chaque instrument étant parfaitement audible. Le lightshow est encore très bon. La scénographie est également très bien conçue malgré la taille de la scène : plateformes, amplis comprenant le logo lumineux du groupe, dynamite qui s'éclaire. La setlist est très bonne et parfaitement bien articulée. Les musiciens sont excellents et impliqués. Ils font preuve d'une bonne humeur et d'une cohésion communicatives. Leur jeu de scène est fluide. Le frontman est particulièrement charismatique. Il est très énergique, et est particulièrement mignon! Il joue particulièrement bien avec cela, multipliant les pauses sexy. Il parle souvent avec le public, la plupart du temps en français. L'ambiance est folle, le public participatif chantant les paroles à tue-tête, sautant, et criant le nom du groupe, au point de l'émouvoir. Il se retrouve souvent sans voix. Il s'agit d'une réelle communion. Comme il le dit lui-même, le groupe propose un concert de stade dans une petite salle. Une chanteuse ayant fait un duo sur le dernier album de groupe vient chanter avec lui sur scène. Un piano stylisé est amené sur scène lors de la traditionnelle balade. Toute une mise en scène est effectuée autour d'éléments royaux lors de la chanson I will be king. Comme le dit le groupe, il fait de la musique pour donner de l'énergie positive au public, qui lui renvoie cette énergie positive lorsqu'il participe comme ce soir! Il s'agit pour moi de l'essence de la scène! Le groupe utilise quelques bandes discrètes afin de renforcer son son (nappes de claviers, effets percussifs, introductions de chanson). Les chœurs semblent effectués par les musiciens. Contrairement au groupe précédent, il s'agit ici d'une excellente utilisation des bandes, le live restant puissant, énergique et authentique, les bandes renforçant le son sans jamais être essentielles. 
J'ai adoré ce grand concert de rock qui m'a touché, et m'a mis dans une humeur très positive! Il s'agit d'un show parfait, un véritable exemple à suivre!

mercredi 16 octobre 2019

Joker

Bonjour.

Voici ma critique du film Joker, que j'ai vu en VF. Les spoilers sont signalés en vert.



J'avais très peu d'attentes concernant ce film. Si j'admire la performance d'Heath Ledger dans the Dark Knight (qui reste pour moi la meilleure interprétation du Joker au cinéma à ce jour), je ne suis pas fermé à d'autres représentations du personnage iconique. Pour preuve, j'ai apprécié la performance de Jared Leto dans Suicide Squad. Le personnage est suffisamment intéressant pour être décliné de façon multiple, tant que son essence est respectée, c'est à dire tant qu'il est fou et dérangeant. Je partais cependant sceptique quant au projet. A l'instar de Venom, la stratégie commerciale et artistique me paraissait bancale: faire un film sur un personnage autant lié à un autre (Spider-man pour Venom, Batman pour le Joker) sans celui-ci me paraissait terriblement risqué. Sans son antagoniste principal, le personnage pouvait facilement se voir vider de sa substance et de sa raison d'être thématique. Qui plus est, je trouve particulièrement bancal de développer un univers cinématographique (le DCEU) et de finalement faire un film indépendant sans lien avec cet univers. Au moins, contrairement à Venom (qui est affligeant), je pouvais espérer un film intéressant et psychologiquement profond.

J'ai adoré ce film! Pour être exact, il m'a pris aux tripes. Il est perturbant, relativement malaisant... Il réussit donc pleinement son pari. Il est magistral!

J'avais peur de voir les origines du personnages, qui seraient forcément décevantes. Pour moi, expliquer la folie du Joker ne ferait que l'affaiblir. Heureusement, il n'en ai rien, le personnage principal étant déjà atteint de maladie mentale au début du film. Les prémisses à sa folie sont dès le départ installées. Tout au long du film, il ne devient pas le Joker. Il l'est déjà dès le début. Il se révèle simplement, à la société et à lui-même. Cette révélation progressive tout au long du film permet à l'acteur de pleinement incarner le personnage lorsqu'il revêt son costume à la fin, tel un accomplissement. Il ne se laisse pas sombrer dans la folie, il a toujours été comme ça. Au contraire, le personnage n'est pas détruit par les événements, ils le construisent. Le hasard des événements initie la révélation de la pleine mesure de sa folie, c'est tout. Il s'agit de l'inverse du schéma classique lié à ce sujet. Il se libère, montre son potentiel. Ce n'est pas une chute dans la folie, mais une ascension. Il la laisse jaillir, révèle ses capacités, et son plein potentiel.

Une autre de mes inquiétudes était la morale politique et sociale. J'avais peur qu'elle vienne expliquer la folie du personnage, ce qui serait hors-propos. Heureusement, elle n'est pas menée au bout, ne servant que de background. Le personnage avoue lui même qu'il s'en fiche, que ce n'est pas important pour lui. Ce contexte ne sert qu'à montrer la folie et l'absurdité du monde en général, qui est certes un terreau fertile pour un tel personnage, mais qui est surtout prétexte à l'adulation d'une telle figure maléfique.  Il est un symbole malgré lui. Le monde admire le Joker, ce qui est fou en soit. Cela est très bien traité par le film, qui montre le désespoir des gens.
Si au début, quelques scènes permettent de ressentir de l'empathie face au personnage (la scène du bus avec la petite fille, montrant l'individualisme des gens et le peu de tolérance face au handicap), le film a l'intelligence de ne pas abuser de cela. Il ne nous demande pas de faire preuve d'empathie, ce qui serait incohérent. Le Joker est fascinant, mais on ne le prend pas en pitié. Ce n'est pas ce que veut le film, comme le montre le fait qu'il n'exprime aucun remord à ses actes. Même malgré sa folie (traitée comme un handicap uniquement au début du film), un personnage positivement représenté exprimerait du remord. Ainsi, le film va plus loin qu'un simple laissé pour compte par la société, qui n'a pas eu de chance. Tout le monde ne réagirait pas comme le Joker face à ces événements. Le film ne nous demande pas de faire preuve d'empathie, ce n'est clairement pas le but. Ce serait passer à côté du film.

Bien évidemment, la performance d'acteur est irréprochable, afin de dépeindre tout cela. J'ai également adoré l'univers du film, qui assume pleinement son contexte (Gotham poisseuse et misérable, présence de la famille Wayne, hôpital d'Arkham, clin d’œil sympathique du jeune Bruce Wayne descendant d'un jeu à l'aide d'une barre, etc). Cela permet de jouer avec cet univers bien connu, offrant de multiple points de vue possible. Par exemple, on peut se questionner sur la morale de Thomas Wayne, qui n'est pas dépeint comme le Samaritain qu'il est sensé être. J'ai également adoré la possibilité que le Joker soit le frère caché de Bruce Wayne! C'est l'idée la plus brillante du film selon moi, je voulais y croire malgré la différence d'âge problématique que cela implique (différence d'âge qui reste problématique dans l'optique que Batman affrontera plus tard le Joker).

Pour revenir à la folie du personnage, je la trouve incroyablement bien traitée. On ne sait jamais ce qu'il pense. Il est souvent "incohérent", ne respectant pas sa psyché établie en amont. Cela montre l'étendue de sa folie, et créé une perte de repère dérangeante. La rationalisation de sa folie est illusoire, car elle ne suit aucune règle, comme le montre les différentes réalités qu'il envisage. Sa folie n'est pas constante. Le personnage est parfois uniquement réactif, parfois terriblement froid et calculé. Le climax est incroyable à ce niveau là. Le personnage révèle qu'il est lucide sur plein de choses finalement, contrairement à ce qu'il laissait paraître. Il finit même par devenir presque omniscient, brisant le 4e mur en nous révélant par le montage qu'il est conscient de son futur lié à Batman. Ainsi, ce détail final, ajouté à l'importance de Thomas Wayne dans le film, permet de correctement traiter le Joker comme Némésis lié au futur Batman, avec l'idée géniale d'en faire la cause indirecte du meurtre des parents de Bruce.

Si pour l'instant je n'en dis que du bien, le film possède quand même quelques défauts. Par exemple, je trouve dommage le manque de subtilité de la révélation concernant sa petite amie. Il aurait été beaucoup plus intéressant à mon sens de ne pas montrer la réalité factuelle, afin d'encore plus approfondir le travail sur la perception faussée de la réalité par le personnage. Egalement, je trouve que l'ombre du Joker d'Heath Ledger plane sur plusieurs aspects du film. En particulier, si la musique est excellente, elle essaie parfois de singer l'excellent thème du personnage composé par Zimmer pour the Dark Knight. Ce détail m'a beaucoup embêté.


Ainsi, ce film est pour moi une grande réussite. Il a réussi à me transporter et profondément me questionner, au point que je me demande si je ne l'ai pas sur-interprété. Cependant, pour moi, l'interprétation d'Heath Ledger reste meilleure. Dans the Dark Knight, il est le Joker, à son plein potentiel, alors qu'ici, Joaquin Phoenix montre la génèse (et non la naissance) du personnage. Le Joker de Ledger est intelligent, il maîtrise son environnement et manipule les autres personnages, tout en dépeignant une folie perturbante. Il maîtrise sa folie. Le Joker de Phoenix apprend à la maîtriser, à la libérer. Finalement, ce Joker pourrait presque être un prequel de celui de Ledger !

Bref, c'est un film que je vous recommande grandement!

lundi 14 octobre 2019

Ad Astra

Bonjour.

Voici mon rapide avis à froid (ayant vu le film il y a deux semaines) sur Ad Astra, que j'ai vu en VF. Les spoilers sont comme toujours signalés en vert


Je n'ai pas aimé ce film. Je l'ai trouvé très ennuyeux et oubliable. Je suis pourtant un fan de science-fiction. Mais je n'ai pas été captivé par ce film, loin de là.

Le personnage principal, interprété par Brad Pitt, est quelqu'un qui contrôle ses émotions, ne les laisse pas paraître. Toujours sur la réserve, il s'efforce de rester calme quoiqu'il arrive. Il est donc difficile de s'attacher à un personnage aussi froid et peu expressif. L'expérience pourrait cependant s'avérer intéressante si la voix off du personnage n'était pas aussi présente! Cet élément est le plus raté selon moi. Il m'a complètement sorti du film, et m'a consterné. 

L'univers du film est plutôt intéressant, mais n'est pas mis en avant. J'ai bien aimé le futur quotidien qui y est dépeint, mais le contexte et l'Histoire sont relégués au second plan, le film se concentrant sur les réflexions énervantes du personnage. De plus, toute la construction d'un univers crédible est détruite par quelques éléments grotesques du final (design du vaisseau d'exploration et traversée des anneaux de Neptune). Quand vient la résolution de l'histoire, je suis très peu investi. Elle n'a donc aucun impact sur moi. 

Le message du film est plutôt intéressant: notre apparente solitude est un choix. On ne va pas forcément trouver quelqu'un ailleurs, car on peut avoir accès au bonheur proche si on regarde avec attention. S'il s'agit d'une leçon de vie intéressante, elle n'est pas assez profonde pour tenir un film entier. Qui plus est, la conséquence de cette morale dans le contexte du film m'énerve profondément: la vie extra-terrestre n'existe pas. Non seulement l'absence de preuves ne signifie pas preuve d'absence, mais c'est en plus impossible d'un point de vue probabiliste que nous soyons seuls dans l'univers. Si on en est pas au point du créationnisme prôné par Wonder-Woman, ce genre de propos scientifiquement conservateurs a le dont de m'énerver. 

Le film est lent, long, vide, avec très peu d'impact. Sa morale est simpliste et incohérente avec l'univers qui y est dépeint. Le contexte est intéressant, le quotidien futuriste est sympathique à voir, mais il n'est pas mis en avant.

Bref, c'est un film que je ne recommande pas.