Affichage des articles dont le libellé est Jedi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jedi. Afficher tous les articles

mercredi 8 janvier 2020

Pourquoi je ne suis plus un fan de Star Wars (essai)

Bonjour.

Aujourd'hui, je vous partage un article particulier. Afin d'exorciser certaines réflexions concernant une saga cinématographique que j'aime tant, j'ai décidé d'écrire un essai à son sujet. Voici donc cet essai, traitant du lien affectif que j'ai avec la saga Star Wars. Afin de pleinement développer mon propos, je m’appuierais sur des éléments de l'intrigue des derniers films, y compris du récent épisode 9. 



La saga Star Wars est fondamentale pour moi. Depuis que je suis petit, je suis un immense fan de cette saga. Il s'agit même probablement de la principale définition de moi enfant: je me présentais comme un fan de Star Wars. Il s'agissait de ma première caractéristique. 
Récemment, je me suis rendu compte que je ne le revendiquais plus. J'en avais même presque honte. J'ai manifestement pris une distance avec cette saga pourtant si chère à mon cœur. Au delà d'un parcours de vie qui m'a forcément donné d'autres centres d'intérêts, je me suis rendu compte que quelque chose était brisé au sujet de cette saga. L'amour inconditionnel et, je dois le reconnaître, irrationnel que j'éprouve pour cette saga s'est parfois mué en haine. 
Une question me vient donc naturellement à l'esprit: Pourquoi je ne suis plus un fan de Star Wars ?
Le but de cet essai est de répondre à cette question. Pour cela, je vais commencer par revenir chronologiquement sur mes liens affectifs avec la saga.


Mon enfance avec Star Wars:

J'ai découvert la saga Star Wars très tôt. Etant né en 1995, je l'ai connu depuis que je suis enfant. Je n'ai donc pas de souvenir précis de ma découverte de la saga. D'aussi loin que je me souvienne, Star Wars était présent.
A cette époque, la saga était composé des épisodes 4, 5, 6 et 1. J'ai quelques souvenirs du visionnage de ces épisodes, sans toutefois être sûr que ces souvenirs sont liés à un premier visionnage. En particulier, je me rappelle avoir eu peur de l'empereur dans l'épisode 6, et avoir redouté la tension du duel entre Dark Vador et Luke Skywalker. De ce que je me souviens, j'aimais ces films, comme ma famille d'ailleurs.
Le premier film que j'ai du voir au cinéma de la saga est l'épisode 2. Étrangement, j'en garde peu de souvenirs. Je me souviens plus d'un reportage télévisé louant la réalisation de la scène de l'arène sur Géonosis, reportage diffusé au journal avant la sortie du film, et dévoilant l'envers du décor. 
C'est entre la sortie des épisodes 2 et 3 que je suis devenu un immense fan de la saga. J'étais devenu assez grand pour en être fan, et en comprendre les subtilités. Je ne me rappelle pas d'événements précis ayant  marqué le début de cet amour inconditionnel. Pour moi, il s'est développé progressivement jusqu'à devenir central dans ma vie, alors que j'avais environ 9 ans. C'est à cette période que je me suis abonné au Lucasfilm Magazine, tout en ne jouant quasiment exclusivement qu'avec des lego liés à cette licence. A 10 ans, la saga Star Wars faisait partie de moi.
J'ai vu l'épisode 3 de Star Wars au cinéma le jour de sa sortie. Cette séance m'a marqué, devenant mon plus intense souvenir de cinéma. Submergé par la profondeur tragique de l'histoire et la parfaite conclusion que ce film apportait à la saga entière, j'ai pleuré à la fin de cet épisode. La Revanche des Sith est le film que j'ai le plus été voir au cinéma de ma vie. Pour moi, il s'agit d'un chef d'oeuvre, et il est encore à ce jour mon film préféré. Il était la dernière pierre à l'édifice de la saga, que j'ai eu le privilège d'être assez grand pour voir en salle. 
J'ai en 2007 participé à la convention Star Wars Reunion 2 à Paris. Ce weekend reste gravé dans ma mémoire, comme représentation idéale de ce que la saga représente pour moi. J'ai pu y redécouvrir les 6 films sur l'écran du Grand Rex. J'ai pu obtenir un autographe d'Anthony Daniels. J'ai également pu assister à des conférences concernant les projets futurs de Lucasfilm: le jeu vidéo Le Pouvoir de la Force et surtout la série d'animation The Clone Wars. Pour moi, la saga Star Wars au cinéma était terminée. Il s'agissait de 6 films thématiquement solides, formant un tout. Pour autant, la saga était loin d'être morte : elle se prolongeait grâce à son univers étendu.

L'univers étendu est une composante essentielle de la saga Star Wars. Les piliers de cet univers sont bien évidemment les 6 films pensés par George Lucas. Ils forment une saga logique, cohérente et satisfaisante, aux thématiques fortes. J'avais complètement accepté que l'épisode 3 en soit l'épisode final, tant il boucle parfaitement la boucle. 
Afin de continuer à me plonger dans la mythologie Star Wars, j'ai commencé à en explorer son univers étendu. Cet extension des films est une source riche d'histoires captivantes, complétant l'univers de la saga de George Lucas. Pour moi, la saga était plus que vivante grâce à cet univers, grâce aux séries d'animation, romans, BD et jeux vidéos, complétant et développant la mythologie Star Wars. Aucun manque de film ne se faisait sentir tant cet univers étendu était riche et immense.
Bien évidemment, il était loin d'être parfait. Ses différentes composantes n'avaient pas la même qualité. J'avais accepté ces différences de qualité. Les films sont la base de l'univers Star Wars. Le reste étend ces films. Les histoires de l'univers étendu n'en sont donc pas au même niveau. Elles n'existent pas toutes dans le même plan de réalité. Ainsi, j'étais libre d'accepter certaines histoires ou non. J'étais libre de filtrer les œuvres de cet univers étendu, dont les films restent la seule composante stable et immuable. L'univers étendu étend les films, ses œuvres sont donc par essence moins importantes. Elles sont sujettes à caution, seuls les films étant certains. Les incohérences dans l'univers étendu, si elles peuvent être pénibles, ne sont pas graves. Chacun est libre de décider la canonicité de ce qui compose cet univers. Chaque oeuvre complète les films, sans y toucher, sans y porter atteinte. Les incohérences et les différences de qualité des œuvres de cet univers sont surmontables, chacun étant libre de choisir ce qui compose son univers étendu, avec les films comme base commune.
J'avais pleinement embrassé ce principe, découvrant avec passion cet univers. J'ai pu explorer des histoires passionnantes et riches, triant celles qui pour moi n'étaient pas dignes de cet univers, et m’accommodant des incohérences, en les corrigeant dans ma tête.
Cet univers étendu ne présente rien d'essentiel! Il sert juste à approfondir la mythologie des films, afin de procurer du plaisir en plus à ses fans. J'ai bien sûr imaginé mes propres histoires dans cet univers, rêvant d'aventures dans cette galaxie lointaine.

La saga Star Wars est très chère à mon cœur. Elle a forgé mon imaginaire, étant une source d'inspiration inépuisable. Elle a bercé mon enfance, voir même toute ma vie. Elle est pour moi un mythe fondateur, riche d'enseignements.
Il s'agit pour moi d'un modèle de perfection thématique. Cette saga est intelligente, complexe, épique, développant une mythologie moderne riche. Elle est un exemple de créativité et de force narrative. Elle a bien sûr quelques défauts. Si à l'époque, mes yeux d'enfant les occultaient, j'en suis bien conscient aujourd'hui, même s'ils ne me gâchent nullement la saga. Ces défauts portent la plupart sur la forme, et non sur le fond. Il est normal qu'une saga si novatrice voit certains de ses effets spéciaux précurseurs vieillir. Ainsi, ses imperfections sont mineures, et n’entachent en rien sa force thématique.
Pour moi, la saga propose des leçons de morale essentielles au développement. Il n'est pas étonnant qu'elle soit dirigée vers les enfants, sans pour autant la rendre imperméable aux adultes. En effet, elle ne prend pas les enfants pour des idiots. Au contraire, elle les considère avec maturité, cherchant à les éduquer. Elle leur enseigne le bien et le mal. Elle leur présente des modèles forts, comme par exemple les Jedi, modèles de vertu pacifistes qui sont adeptes de la réflexion et de la maîtrise des émotions. Si Luke est un modèle positif, le parcours d'Anakin est également riche d'enseignements: il propose une réflexion sur la corruption du bien et la soif de pouvoir. La tragédie de ce personnage, dont la saga est dédiée, est absolument incroyable. La prélogie en générale est très forte thématiquement, montrant comment une démocratie peut mourir d'elle-même. En plus d'être riche en enseignements, la saga Star Wars est inspirante.
De ce que je me souviens, la communauté Star Wars était en apparence soudée. Mon expérience à la convention Star Wars Réunion 2 a été incroyable à ce niveau là. Avec le recul, je pense qu'il s'agit d'une déformation de la réalité. Mais ce constat a malgré tout contribué à ma vision d'alors de la saga. Je pense que m'a mère a énormément contribué à cette vision: ayant grandi avec la trilogie originale, elle a adoré l'épisode 1, étant ouverte d'esprit et réceptive aux innovations incroyables de ce film. Egalement, je me souviens que ceux n'aimant pas la prélogie était anecdotiques. Ils étaient rares et n'en semblaient pas fiers. Sans en avoir honte, ils ne le revendiquaient pas, ils le disaient simplement telle une opinion comme une autre.
Malheureusement, cet état idyllique des choses a pris fin pour moi un certains 31 octobre 2012, où j'ai ressenti une perturbation dans la force...

L'ère Disney:

Je me souviens parfaitement du moment où j'ai appris le rachat de Lucasfilm par Disney, avec la mise en route d'une nouvelle trilogie. J'ai appris la nouvelle aux infos matinales d'une télé d'hôtel à Paris, avec mon frère. Ce jour reste gravé dans ma mémoire. Il s'agit du jour où mon enfance et mon innocence sont mortes. Je me souviens du sentiment de trahison que j'ai ressenti alors. Mon monde s'écroulait. La saga était un repère pour moi, je me suis donc senti désarçonné. Une suite à cette saga se suffisant à elle même ne pouvait que l’abîmer, qu'en entacher les thématiques. J'ai pris conscience à ce moment là que plus rien n'était immuable ni sacré.
J'ai mis très longtemps à accepter la situation. Le premier trailer de l'épisode 7 m'a conforté dans mes craintes. Les informations révélées alimentaient mes doutes (présence d'un premier ordre et d'une résistance, ersatz des factions de la trilogie originale). Petit à petit, j'ai réussi à accepter cela. J'ai lentement réussi à accepter cette situation. J'ai même presque failli être enthousiaste pour cette épisode 7. Quelques jours avant la sortie du film, je me suis regardé à nouveau la saga originale. Un sentiment m'a pris aux tripes en regardant les bandes annonces la veille de la sortie du film... J'avais un mauvais pressentiment...

 L'épisode 7 de Star Wars reste à ce jour le pire de la saga pour moi. Il est une insulte à cette oeuvre magistrale.
Les nouveaux personnages sont creux et peu attachants. Par exemple, Kylo Ren ne convainc jamais d'être réellement du côté obscur. Rey est surpuissante sans explication. Le film est incohérent avec la saga. Par exemple, Leia n'a apparemment pas été formée aux arts des Jedi, Han est redevenu un contrebandier (le personnage a même régressé, devenant un arnaqueur pitoyable, ce qu'il n'a jamais été avant). La force est mal traitée dans ce film, le sabre de Luke et Anakin réagissant comme une baguette d'Harry Potter par exemple. De nouveaux pouvoirs apparaissent sans explication et sans logique. Au delà des incohérences avec la saga, le film est incohérent en son sein.
L'épisode 7 a un goût nauséabond de remake de l'épisode 4. Les éléments de la trilogie originale sont juste renommées : la rébellion devient la résistance, l'empire devient le premier ordre, les Sith portant le titre honorifique de Dark semble devenir les chevaliers de Ren (le nom Kylo REN semblant avoir la même structure que DARK Vador ou DARK Maul par exemple). Ainsi, ce film est une contrefaçon sans âme ni profondeur de la saga Star Wars, ce n'est qu'une pâle copie, qu'un plagiat sans substance.
Le film montre une volonté claire de faire revivre la trilogie originale, en rejetant viscéralement la prélogie. Il n'y a donc aucune politique dans ce film, créant une incohérence énorme avec la saga originale, l'action se déroulant dans un contexte flou copié de l'épisode 4 mais du coup hors-propos ici, et incohérent avec la fin de l'épisode 6. Il n'y a aucune innovation par rapport à la trilogie originale, ce qui me choque profondément.
Le film ne présente aucune créativité, ce qui est une trahison de l'esprit de la saga Star Wars. Il n'est qu'une coquille vide qui rend tout l'édifice chancelant.
Non seulement il ne présente rien d'original, mais il échoue même pour moi à juste recréer la sensation d'être devant un film se déroulant dans l'univers de Star Wars. Par exemple, la base Starkiller est un concept de science-fiction à la Star Trek, mais non un concept de Space Opera à la Star Wars. De même, les bruitages et l'esthétique générale n'ont plus rien à voir avec ceux de la saga originale, empêchant un manque d'immersion dans cet univers.
Le ryhtme du film est raté. Certains éléments semblent à la fois trop rapides et trop lents. Kylo Ren est présenté comme un méchant attiré par la lumière (ce qui est pour moi une trahison fondamentale au fonctionnement de la force dans la saga originale, le côté obscur étant le plus séduisant et Vador ne revenant à la lumière uniquement parce qu'il en a toujours gardé au fond de lui). Des pistes de sa rédemption sont présentées dans ce film, ce qui est bien trop tôt. Du coup, comme il demeure méchant en tuant son père, ces pistes semblent dénuées de sens et d'impact, rendant sa rédemption future forcément bancale, arrivant trop tard. Le film donne la sensation d'être formaté, sans pour autant réussir à remplir le cahier des charges d'un Star Wars: il ne s'appuie pas sur les symétries visuelles de la saga originale par exemple.
Le film est superficiel. Il donne le sentiment d'être devant une série télé de mauvaise qualité narrative. Il n'est qu'un produit commercial sans âme, dont l'aspect le plus important est la campagne marketing. A ce niveau là, le film fait même preuve de publicité mensongère: un tournage "à l'ancienne", avec le plus d'effets réels possibles, a été promis afin de contenter les fans de la trilogie originale (et donc pour désavouer l'innovante prélogie). Pourtant, la production du film a suivit la méthode instauré par la prélogie. Pire, le film présente des éléments centraux en mauvaise CGI: Snoke, Maz et pire encore, les Rathtars, créatures qui n'ont aucune once de crédibilité.
Pour être honnête, j'ai pleuré en sortant de la séance. Je me suis senti insulté, dans le sens où une oeuvre qui m'était chère a été salie. J'ai eu l'impression que le film traitait les gens comme des consommateurs sans réflexion, leur proposant un produit mercantile sans passion artistique.
Après ce départ de trilogie catastrophique, rien ne pouvait être pire. Rien ne pourrait rattraper cela, la postlogie était d'ors et déjà condamnée. Ce film est une fracture pour la saga.

Étrangement, l'épisode 8 est l'épisode de la nouvelle trilogie qui m'a le plus procuré la sensation d'être devant un film Star Wars. C'est celui qui m'a le plus convaincu de retrouver cet univers que j'aime tant. C'est mon préféré de la postlogie, ce qui ne veut pas dire grand chose.
Cet épisode désavoue le 7e film de la saga, ce qui m'a donc forcément plu. Malheureusement, il ne construit rien de cohérent ensuite. Il dénonce le 7, mais ne propose rien pour améliorer cette trilogie. Il est légèrement mieux, mais il n'est pas bon pour autant. Le film possède plein de problèmes qui l'empêchent d'être satisfaisant.
Si Luke reste charismatique, sa crise de foi est fondée sur des bases chancelantes. Le personnage de Rey continue de représenter l'éloge à la médiocrité et à la paresse. Ainsi, les Jedi ne sont plus des modèles de vertu. Rey est surpuissante sans effort ni entrainement, elle ne montre aucune maîtrise de soi, réagissant sans réfléchir. Elle représente le modèle nauséabond de notre société: la réussite sans effort ni travail ni vertu.
Le film donne l'impression que la galaxie Star Wars est minuscule. On ne ressent plus d'ampleur galactique, tout étant à petite échelle, comme lors du volet précédent.
Ce film héberge le pire personnage de la saga selon moi : DJ. Chacune de ses apparitions est irritante. Je ne le supporte pas. Jar Jar Binks représente dans la culture internet cet archétype, mais je ne peux être qu'en désaccord. Malgré sa maladresse, je l'ai toujours trouvé attachant et drôle. Il n'en est rien pour DJ, dont rien n'est à sauver chez lui.
Enfin, ce film traite mal certaines thématiques comme le féminisme et le véganisme. Le véganisme n'a rien à faire dans Star Wars, surtout aussi mal abordé. Le féminisme est également bancal dans ce film, et donc contre-productif. De plus, il s'agit d'un progressisme commercial pour Disney, qui ne fait que s'acheter une image de marque sans pour autant traiter ces convictions en profondeur. Il s'agit en plus d'une démarche révisionniste, insinuant que la saga originale n'était pas féministe, alors qu'elle l'est bien plus que cette postlogie. La saga Star Wars a toujours prôné la tolérance de manière naturelle et sincère, contrairement à cette postlogie superficielle.
Ainsi, si cet épisode 8 améliore légèrement les choses, il ne parvient pas à redresser suffisamment la barre pour espérer sauver cette nouvelle trilogie insultante.

Le spin-off sur Solo, s'il n'est pas aussi mauvais que cette nouvelle trilogie, reste anecdotique. Il est plutôt pas mal et intéressant, mais reste un projet bancal à la base.
Le principal défaut de ce film est son statut au sein de l'univers Star Wars: il est pensé comme un produit dérivé de l'univers étendu, et non comme sa base. Je vous invite à lire l'article dédié à ce problème que j'ai écrit sur ce blog.
Le rythme du film est également discutable. Sa structure particulière empêche de pleinement s'immerger en son sein. Son histoire est moyenne, sans être catastrophique. Enfin, les acteurs interprétant des personnages connus (Han et Lando) ne me convainquent pas. Je n'arrive pas à y voir ces personnages.

Vient enfin le dernier volet de la postlogie, sorti récemment en salle: l'épisode 9. Si ce film présente certains des meilleurs éléments de la nouvelle trilogie, il héberge également la pire insulte à la saga originale!
Le retour de l'empereur Palpatine détruit toute la saga. Cet élément désavoue complètement le parcours d'Anakin, personnage central de toute l'histoire originale de Star Wars. Il n'est plus l'élu, vu que la survie de l'empereur implique qu'il n'a pas détruit les Sith et donc qu'il n'a pas rétabli l'équilibre dans la force. L'empereur revenait également dans l'univers étendu d'avant Disney. Cependant, c'était acceptable dans ce cas de figure, l'univers étendu étant moins important que les films et donc cette résurrection n'étant pas au même niveau que le sacrifice d'Anakin. De plus, je n'adhérais déjà pas à cette histoire, l'ayant donc ignoré. Ici, le retour de l'empereur dans les film détruit toute l'histoire de la saga originale.
La campagne marketing de cet épisode a été chaotique. Disney le présentait comme le dernier film de la "saga Skywalker". Ce dernier terme marketing m'énerve au plus au point. Comment ce film peut se présenter comme conclusion d'une saga qu'on a trahi, et dont on réécrit les règles ? Disney n'a pour moi aucune légitimité à structurer la saga Star Wars, et encore moins à la conclure.
Ce film montre l'échec total de cette trilogie. Il reconstruit des éléments que le 8 a détruit. Il crache sur la saga Star Wars originale, et plagie certaines séquences d'Avengers Endgame et d'Independance Day. Il est un aveu d'échec clair. Il est également un pur produit marketing, suivant à la lettre la formule Disney. Par exemple, la scène finale de chaque volet de cette postlogie semble être une scène post-générique digne d'un Marvel. Egalement, cet épisode 9 montre deux personnages rajeunis numériquement, technologie que maîtrise Disney et qui se trouve donc dans ses produits récents: films du MCU, Pirates des Caraïbes 5, etc.
Ce film montre plus d'incohérences et d’invraisemblances que tous les épisodes précédents réunis. La force est traitée comme de la pure magie. Les résurrections miraculeuses sont légions.
Rey est plus que jamais une insulte à la saga originale. Elle s'octroie le nom Skywalker sans jamais le mériter, déjà qu'elle ne méritait pas d'être une Jedi. Plus que jamais, elle est l'éloge de la médiocrité et du moindre effort, n'importe qui pouvant être le meilleur sans travail. Elle représente le modèle de superficialité qu’idolâtre notre monde.
Le film est vide de thématique profonde. Il n'est qu'un enchaînement d'action et de quêtes sans intérêt.  Le rattrapage qu'il tente des volets précédents est très insuffisant, tant il est insultant envers la mythologie Star Wars.
Ainsi, quel impact a eu cette postlogie médiocre et insultante sur la saga ?

Prestige abîmé:

Depuis que Disney a repris les rennes de la saga, Star Wars n'est plus un exemple de mythologie forte et cohérente.
La saga est à jamais entachée, blessée et abîmée. La où la saga originale, et en particulier la prélogie, était attaquable sur la forme uniquement, cette postlogie a faux sur le fond. Prendre en compte les événements de cette dernière trilogie nécessite de corrompre la force de ceux de la saga originale. Plus rien ne peut être comme avant.
Qui plus est, ces nouveaux films prennent les gens pour des idiots. Disney considère son public comme des consommateurs décérébrés avides de divertissement sans réflexion ni intelligence. Bien sûr, Star Wars a toujours était pensé pour les enfants, argument qu'utilise les défenseurs de ces nouveaux films pour en justifier les faiblesses. Cependant, la saga originale considérait les enfants avec beaucoup de maturité, cherchant à les éduquer tout en les divertissant. Dire que les films de la postlogie ne s'apprécient qu'en prenant un regard d'enfant, c'est insulter l'intelligence potentiel des enfants et c'est un aveu de formatage de la jeunesse vers des idéaux d'abrutissement. Je suis sidéré d'un tel manque de respect envers le grand public.

Il serait tentant de trouver du réconfort dans l'univers étendu, autrefois mine de richesse créative. Malheureusement, Disney a rendu caduque l'ancien univers étendu, renommé Legends. Le nouvel univers étendu correspondant à la continuité actuelle des films s'appelle le Canon. C'est une chose que j'ai accepté, cela étant logique afin de laisser le champ libre à Disney pour leur nouvelle trilogie. Malheureusement, cette trilogie s'est révélée bien moins intéressante que les histoires de l'univers étendu qu'elle a effacé.
De même, le nouvel univers canon est bien moins passionnant que l'ancien. L'univers Legends était certes inconstant, mais cela impliquait que certaines histoires étaient géniales. Maintenant, on assiste à un nivellement par le bas de l'univers étendu. Disney impose sa formule à l'ensemble de l'univers Star Wars, pervertissant toute la continuité de la saga. Un exemple de ce nivellement par le bas est l'explication de la couleur rouge des sabres laser des Sith. Dans le Legends, leur cristal de sabre était artificiel. Maintenant, il s'agit d'un cristal de Jedi perverti par le côté obscur, que le seigneur Sith a fait saigner, d'où sa couleur rouge. C'est absolument débile et incohérent avec la tangibilité de l'univers Star Wars.
Plus encore, l'univers étendu Canon montre un manque de créativité, aspect quasi-constant chez Disney. Il sert en grande partie à recanoniser des éléments de l'univers Legends, qu'il pompe allègrement, sans en garder intègre la substance malheureusement.
Pire, la structure même de cette nouvelle continuité canon est chancelante. L'édifice Disney ne tient pas debout. En effet, les films ne sont plus la base, les piliers de l'univers étendu, ils sont devenus une de ses composantes. Le film Solo par exemple est un produit dérivé de l'univers étendu. Pire encore, on a besoin de l'univers étendu pour combler les trous narratifs de la postlogie, afin de tenter d'en rendre son contexte un minimum cohérent avec la saga d'origine.  Il s'agit d'une structure déplorable, qui rend nécessaire de suivre l'univers étendu afin de comprendre les films, qui n'en sont plus que des composantes. Cette stratégie honteuse a bien sûr pour but de vendre plus, les films ne se suffisant plus à eux même, nécessitant donc l'achat de romans et autres produits pour comprendre toute l'histoire.

En plus de cette stratégie commerciale révoltante, Disney fait preuve de propagande afin d'imposer ce modèle.
La saga Star Wars est devenue une machine mercantile qui n'est plus motivée par la créativité, mais seulement par le profit. Du temps de George Lucas, la saga était déjà une force commerciale puissante, le merchandising était déjà légion. Mais alors, la créativité était à la base. Le plus important était l'histoire. Maintenant, sous le règne de Disney, ce n'est plus le cas: seul compte le profit et donc la stratégie commerciale. L'art n'a plus de rôle au sein de la saga.
Ce système a poussé Disney à complètement occulter la prélogie critiquée. Elle est comme effacée. Il s'agit d'une partie de la stratégie de Disney visant à imposer sa postlogie. Le merchandising actuel de la saga est une preuve évidente de cette tentative de ne présenter que leur ère Star Wars. La preuve ultime est la nouvelle antenne de Disneyland : Galaxy's edge. Ce parc d'attraction Star Wars se situe durant la période de la postlogie! Les attractions qui y sont présentes se situent durant la postlogie. Tout l'univers du parc se situe durant la postlogie. Disney essaie d'imposer par la force les Star Wars qu'il a produit, effaçant du tableau ceux de George Lucas.
Disney ne nous considère que comme des consommateurs, des pigeons. Le seul but est le profit, là où George Lucas voulait nous raconter une histoire, voir nous instruire et nous prévenir du danger de laisser une démocratie mourir d'elle même.
Le pire dans tout ce que je viens d'écrire, c'est qu'une majorité des gens avalent cela sans rien dire...

La communauté Star Wars est plus que jamais divisée. La fracture entre les fans est indéniable.
Beaucoup sont dans un déni total de la réalité. Ils veulent à tout prix croire que Star Wars reste une entité cohérente et forte. Pire, certains aiment les nouveaux films uniquement par rejet du ton différent (car créatif) de la prélogie. Le grand public de manière général avale sans broncher les produits Disney, juste par rayonnement du nom prestigieux de Star Wars. Au delà des goûts, une grande partie des gens acceptent la médiocrité servie par Disney. La réflexion semble quitter ce monde, plus centré sur les apparences que sur le fond.
Si le grand public arrive à se détacher de la saga, ce n'est pas le cas des fans, moi y compris. Malheureusement, la passion autour de ces films entraîne une impossibilité de débattre. La haine est exacerbée, la réalité étant dure à accepter.
Ainsi, un argument fallacieux est apparu dans les "débats" autour de la saga. La communauté Star Wars est souvent présentée à travers l'homme de paille désigné sous le nom de Fanboy. Ce terme sert à discréditer ceux qui osent prendre partie dans le débat, comme je le fais ici. Il est donc entre autres utilisé pour qualifier ceux qui réfléchissent et donc dénoncent la stratégie de Disney concernant la saga. Un exemple d'utilisation de cette manipulation d'opinion malsaine peut être vu dans les vidéos du Youtuber MJ - Fermez là (Youtuber qui use et abuse de biais honteux afin d'imposer ses opinions, qui ne sont certes pas toujours infondées, mais sont souvent mal justifiées). Le comble est atteint lorsque Disney même utilise cet homme de paille pour balayer les critiques qui lui sont faites.



Pour conclure, je dois avouer que j'ai l'impression de n'avoir qu'effleuré la surface. Si vous avez envie de voir une critique argumentée de tous les Star Wars, je vous conseille les vidéos PJREVAT du Youtuber Durendal. Si je ne suis pas toujours d'accord avec lui, je reconnais que ses arguments sont solides.
En ce qui concerne la problématique de cet essai, j'apporterais la réponse suivante: je ne suis plus un fan de Star Wars car j'ai honte d'être associé à l'oeuvre médiocre développée par Disney en ce qui concerne la saga, et car j'ai honte d'être associé à une communauté toxique où la raison ne prime plus. La saga Star Wars reste ma préférée, j'adore les films pensés par George Lucas. Je suis toujours un aussi grand fan de cet univers, même si je ne le revendique plus. Star Wars n'est plus aussi prestigieux qu'il l'était il y a 10 ans. Je me sens aigri, frappé par la noire tristesse de ce monde cynique sans rien de sacré, où prime la bêtise et l'ignorance, ce dont la saga Star Wars est malheureusement le témoin. Ainsi, je ne suis plus un fan de l'intégralité de Star Wars, mais seulement des composantes qui en sont dignes.
En effet, il reste de l'espoir. Malgré le temps, la saga originale demeure toujours aussi solide. Qui plus est, je n'ai présenté que les mauvaises choses apportées par Disney, afin d'expliquer pourquoi je me sens trahis par cette firme. Je dois cependant admettre que d'excellentes créations ont émergé durant l'ère Disney. Le film Rogue One est digne de la saga originale. Il respecte la mythologie de cet univers, et se veut créatif et innovant. Ses rares défauts sont mineurs. La nouvelle série the Mandalorian, malgré son manque d'innovation, est fidèle à l'univers Star Wars, et permet de s'y replonger avec plaisir. Certaines œuvres de l'univers étendu canon sont dignes d'intérêt, ne serait-ce que la série Star Wars Rebels. Enfin, en dernier recours, il est toujours possible de se replonger dans l'univers étendu Legends, afin de retrouver la saga avant le jour fatidique de son rachat par Disney.
Star Wars a été la plus grande saga du cinéma. Si elle est actuellement entachée, elle reste mon univers fictif préféré, et au prix d'un tri des œuvres qui la composent, reste chère à mon cœur.

Que la force soit avec vous.




jeudi 14 décembre 2017

Star Wars épisode 8: Les Derniers Jedi

Bonjour.

Voici aujourd'hui un article difficile à écrire, car je me dois d'être précis, de développer mes pensées, et de clarifier mon esprit. Voici donc ma critique à chaud de l'épisode 8 de la saga Star Wars, que j'ai vu en VOSTFR et en 3D. Je préfère vous prévenir, je vais beaucoup spoiler!!! Faites donc attention au vert... 


Avant de rentrer dans le vif du sujet, je vais ici conclure mon avis sur l'épisode 7 (que j'ai revu hier) afin d'expliquer mes attentes par rapport à ce nouvel épisode.
En effet, à ma grande surprise, j'ai beaucoup apprécié le revisionnage du Réveil de la Force. Je l'ai trouvé satisfaisant, malgré les quelques questions laissées en suspens qui finalement sont mises au second plan pour ne pas être gênantes. De plus, je n'ai plus ressenti l'un des aspects qui me rebutait le plus: les bruitages. En effet, lors d'un échange de messages avec le youtuber Durendal, celui-ci m'a expliqué qu'il y avait en effet un autre traitement du son dans les épisodes récents, afin de les rendre plus réaliste ("les mélanger à son environnement : intérieur/extérieur, taille de l’environnement, distance de l'objet par rapport à la caméra, écho, réverbération, étouffement"). Avec cette explication, en me concentrant sur les bruitages, je me suis en effet rendu compte qu'ils étaient très bon, voir connus (comme les blasters de Han et des stormtroopers). J'ai donc bien pu apprécier tout l'aspect sonore du film, dont une musique finalement plutôt bonne. 
J'ai même trouvé que la grande majorité des éléments du film sont cohérents. Le contexte politique, les évolutions des personnages, j'ai trouvé des explications à ces éléments (le Premier Ordre et la République se disputent le contrôle de la galaxie, la Résistance est un mouvement clandestin allié à la République qui n'use que de diplomatie; les réactions de Han, Leia et Luke face à la chute de Ben Solo dans le côté obscur sont logiques). Ils sont juste survolés dans ce film, voir implicites, d'où le défaut de manque de clarté. Je me demandais cependant à ce sujet si mon esprit n'essayait juste pas de remplir de manière logique les trous scénaristiques...
Malgré ce redorage de blason, il m'est apparu qu'une grosse incohérence subsistait autour du personnage de Kylo Ren. En effet, son approche de la Force est incohérente. Seul Vador est revenu du côté obscur car c'est lui l'élu. Ainsi, en plus de rendre la motivation du personnage bancale (puisqu'il veut continuer l'héritage obscur de Vador qui finalement a renoncé à l'ombre), l'attirance de la lumière pour ce personnage est une incohérence et une insulte pour la saga originale (les 6 pensés par George Lucas). 
Ainsi, je dois dire que j'étais plutôt confiant pour cet épisode 8... J'en attendais un excellent film, qui en plus apporterait des corrections à l'épisode 7, et en particulier en explicitant le contexte politique. 

Voici donc ma critique du film.

Sur le plan de la technique, rien à redire. Le film est beau, les effets spéciaux sont magnifiques, les bruitages réussis et immersifs, la musique très efficace (les thèmes connus sont parfaitement bien employés, et quelques nouvelles compositions, comme le thème de Rose, sont vraiment sympas), les acteurs sont bons, la 3D est discrète mais immersive, etc. Je vais donc uniquement me concentrer sur l'histoire du film.

Déjà, le film corrige en effet les défauts du 7. Le contexte politique est clairement posé, et parfaitement compréhensible. J'ai donc eu raison, j'avais parfaitement deviné les places des différents mouvements dans la galaxie. Egalement, ce film fait part d'une grande diversité. On découvre de nouveaux vaisseaux (les bombardiers de la Résistance, les différents super-croiseurs du Premier Ordre), de nouveaux environnements (la ville casino très convaincante, la magnifique salle du trône de Snoke, avec son voile rouge qui sublime la scène de bataille avec Rey et Kylo lorsqu'il brûle), de nouveaux personnages (Rose en particulier est géniale et très bien introduite grâce à la subtilité du médaillon qu'elle partage avec sa sœur morte au combat), de nouvelles planètes (la planète de cristal en particulier est superbe et parfaitement exploitée, que ce soit par le parcours du Faucon ou la bataille qui soulève des volutes rouges sang sur le décor blanc), de nouvelles créatures (les Porgs rigolos sans être ni énervant ni trop envahissant, les chiens-cristaux qui ont une réelle utilité à l'histoire, les Gardiens de l'île que je n'ai par contre pas aimé, même juste des créatures subliminales telle que la créature marine qu'on voit nager autour de l'île de Luke pendant un seul plan), etc... On ressent enfin la grandeur de l'univers Star Wars, qui est un univers vaste et diversifié. Il y a de la nouveauté, ce qui est vraiment agréable. Il y a aussi le retour d'éléments connus, comme les A-wings, les TR-TT et TB-TT, mais surtout la grande surprise du retour de Yoda!!! Son apparition fantomatique pleine de sens est convaincante (que ce soit l'humour du personnage, sa morale ou sa toute puissance dans la force), même si j'avoue que j'aurais préféré le Yoda numérique au Yoda marionnette. Dans le même ordre de chose, j'ai trouvé absolument magnifique la réutilisation symbolique de l'hologramme de Leia pour remotiver Luke. De même, on retrouve le grandiose et l'ampleur des films Star Wars, comme le montre les plans de hangar qui sont gigantesques! Ainsi, pour conclure sur cet aspect, on a ici un épisode riche, enfin digne de l'univers Star Wars, entre éléments récurrents, nouveautés et démesure. 

Ensuite,  les scènes d'action sont épiques et mémorables (ne seraient-ce que la collision hyperspatiale ou l'introduction guerrière du film). Les personnages en général sont cool et bien développés. Poe prend de l'importance, et je l'ai beaucoup aimé dans cet épisode. Finn est également sympathique, et j'ai bien aimé la conclusion de son arc avec la Capitaine Phasma. J'aurais aimé qu'il aille au bout de son sacrifice, ce qu'aurait eu beaucoup de sens pour le personnage, mais son sauvetage par Rose fait également sens et installe une romance sympathique. L'humour est correct sans être indispensable (si j'ai beaucoup aimé les moqueries de Poe envers Hux ou les Porgs, je regrette très légèrement que Chewbacca ait renoncé à en manger un). Il a au moins le mérite d'être logique et de ne pas désamorcer la tension de certaines scènes, comme c'était le cas dans l'épisode 7 parfois. 

J'ai également adoré le Luke Skywalker de cet épisode... Si ce n'est pas forcément le Luke que j'attendais, je dois admettre qu'il est parfait! Son pouvoir immense de vision dans la force est merveilleux, on sent qu'il est le maître de la force, qu'il mérite son statut de Skywalker... J'avais accepté son pouvoir phénoménal de résister à un tel tir de canons vers la fin grâce à la force, mais l'explication de la vision est encore plus cohérente et superbe, et "corrige" l'incohérence du sabre qu'il tient (indice qu'on a affaire à un fantôme). J'ai également adoré sa psychologie, sa vision de la Force et de l'avenir des Jedi. Le court combat de fin est également très réussi, on sent que le personnage est puissant. Les deux seuls aspects que j'ai moins aimé est sa mort certes belle mais futile et incongrue. Dans une moindre mesure, j'ai également moyennement aimé le pied de nez fait au build-up de deux ans sur le passage de relais du sabre laser d'Anakin de Rey à Luke, désamorçant complètement la fin du 7e volet de la saga. 

En restant dans la famille Skywalker, j'ai également beaucoup aimé le développement du personnage de Leia. J'ai été dupé par sa mort, surtout sachant que l'actrice Carrie Fisher n'est plus parmi nous... Si sa survit dans l'espace m'a d'abord semblé étrange, je l'ai vite trouvé badass, ravi d'enfin voir la puissance de Leia, une Skywalker, grâce à la force. 

Pour l'instant, je n'ai dit que des choses positives sur le film. Je dois maintenant énoncer ces défauts.

Si j'ai été impressionné de l'hyper puissance de Snoke, et de son charisme, j'ai été déçu de sa mort rapide (même si sa façon de mourir est vraiment super bien trouvée). On n'a aucune idée de ses origines, ce qui me semble très étrange... Personnellement, j'émets l'hypothèse qu'il s'agit d'Ezra Bridger, personnage de la série Star Wars Rebels (qui a un physique proche, surtout au niveau des yeux, qui est puissant dans la force mais attiré par le côté obscur, qui a rencontré la puissance de Vador et qui enfin a trouvé un sabre similaire à celui de Kylo Rend dans un épisode), mais cette théorie a été contredite et impliquerait qu'elle ne soit pas validée dans le film quoiqu'il arrive. Cela montre que ses origines doivent être explicitée pour ne pas avoir un trou scénaristique immense! Dans le même registre, j'ai trouvé les origines de Rey décevantes... Sa puissance dans la force, malgré le fait qu'elle n'est pas une Skywalker, passe encore. En effet, la superbe dernière scène du film annonçant la présence d'autres sensitifs à la force rend cohérent cette nouvelle génération (en parlant de cette scène, je l'ai trouvé très étrange: elle est typique des scènes post-générique du type Marvel, mais Star Wars oblige, est montée avant le générique, après la scène légitime de fin). Ainsi, j'ai trouvé débile de faire de ses origines un build-up de 2 films pour une explication aussi décevante! A moins que Kylo Ren lui ait menti, ce que je finis par croire tant il me parait idiot de faire un mystère d'une chose aussi insignifiante... Niveau détail, je regrette également le fait que Kylo Ren et surtout Snoke, personnages du côté obscur, n'aient plus les yeux jaunes cerclés de rouge typique des adeptes du mal. Si le film ne renie pas la prélogie (puisque Luke évoque Sidious et que les Siths sont plusieurs fois évoqués), il me semble que se détail montre la frilosité de cette nouvelle trilogie à créer des liens avec les excellents épisodes 1, 2 et 3. 

Si ces défauts ne me gênent pas outre mesure, et sont surtout hérités du 7e épisode, un grand défaut pour moi ternis ce film... Il s'agit des motivations vraiment étranges de Kylo Ren... L'acteur le joue parfaitement bien, le personnage est charismatique, et a même une évolution psychologique intéressante et cohérente lors de la première partie. En effet, rejeté par Snoke, il mûrit (abandonnant son casque), refuse de tuer sa mère (ce que j'ai adoré, surtout vu son impuissance immédiate montrée par les tirs des chasseurs TIE), se rapproche de Rey (ce qui est magistralement montré grâce au parfaitement  maîtrisé montage champ/contre-champ des deux personnages) jusqu'à la sauver en tuant Snoke! C'était parfais, on avait un personnage charismatique et blessé qui, comme un Skywalker masculin, a droit à la rédemption. Mais les choses deviennent illogiques et partent en cacahuète lorsqu’après la superbe bataille contre les gardes de Snoke, le personnage fait la girouette psychologique et devient juste un nihiliste sans autre but que de tout détruire!  Même si cette motivation de faire table-rase du passé est introduite avant ce passage, j'ai l'impression que le personnage est gâché, et cela m'attriste beaucoup, car ça me parait incohérent... Le film détruit la logique qu'il a mis en place avec ce personnage. 

Pour conclure, je dois dire que j'ai pris un plaisir immense lors du visionnage de ce film. J'ai eu la sensation de voir un bon Star Wars, même si j'ai parfois un peu eu après coup la sensation qu'il dénote malgré tout avec la saga d'origine, comme une sensation de Vallée de l'étrange. Il est en effet très déroutant, car il est inattendu. Il est allé là où je ne m'y attendais pas! J'ai encore un peu de mal à inclure ce début de trilogie dans la saga d'origine (en rupture avec les symétries et correspondances des films originaux), mais je reconnait pinailler beaucoup avec ce film clairement meilleur que le 7! Ce film plus sombre et plein de désespoir fait final, il est difficile d'entrevoir la suite... Mais il reste très bon, et donne enfin l'impression de retrouver la saga Star Wars (hors spin-off bien sûr, Rogue One ayant magistralement relevé le défi). 

Vivement la conclusion de la trilogie.

Que la force soit avec vous!